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Ukraine: 25 morts dans les violences à Kiev, les Européens envisagent des sanctions

19/02/2014 07:19 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Les Européens ont nettement haussé le ton mercredi et brandi la menace de sanctions contre les responsables de la répression en Ukraine, où de violents affrontements et un assaut des forces spéciales contre les manifestants ont fait au moins 25 morts.

La Russie a dénoncé une "tentative de coup d'Etat" et exigé des leaders de l'opposition qu'ils fassent cesser les violences, alors que le président ukrainien a accusé ces derniers d'avoir lancé une insurrection.

Le ministère de la Santé a fait état d'un nouveau bilan de 25 morts depuis le regain de violences à Kiev mardi, et de 241 blessés hospitalisés dont 79 policiers et cinq journalistes. Au moins dix policiers figurent parmi les victimes selon le ministère de l'Intérieur.

Un journaliste ukrainien a aussi été tué par balles a indiqué son journal.

Les violences ont commencé par des affrontements mardi aux environs du parlement, et ont été suivies dans la soirée par l'assaut policier contre l'épicentre de la contestation.

Un assaut des forces spéciales anti-émeute, équipés de blindés, a été lancé dans la nuit, dans la fumée des incendies et des feux de pneus au centre de Kiev sur le Maïdan, la place de l'Indépendance.

Manifestants et policiers continuaient de se faire face mercredi sur la place, qui offrait un spectacle de dévastation.

Le président Viktor Ianoukovitch a décrété une journée de deuil national jeudi.

- Sanctions ciblées -

Face à la crise, l'une des pires que traverse l'ex-république soviétique depuis son indépendance en 1991, certains pays membres de l'UE, comme la France, l'Allemagne et la Pologne ont appelé à des sanctions à l'égard des responsables de la répression.

la Grande-Bretagne a assuré que le gouvernement devrait "rendre des comptes" tandis que l'ONU réclamait une enquête "urgente et indépendante" sur les violences.

Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE doit avoir lieu jeudi, et le chef de la diplomatie polonaise a été désigné pour se rendre sur place au nom des Européens.

Le président de la commission européenne José Manuel Barroso a dit espérer que les Etats membres, divisés sur cette question, arrivent à "se mettre d'accord dans l'urgence sur des mesures ciblées contre les responsables de la violence".

Le pape François a quant à lui demandé à toutes les parties de "cesser toute action violente".

La Russie, qui a à plusieurs reprises accusé les Occidentaux d'être responsables de cette situation, a de son côté dénoncé une "tentative de coup d'Etat".

Le porte-parole du Kremlin a indiqué que MM. Poutine et Ianoukovitch s'étaient parlé au téléphone dans la nuit de mardi à mercredi et a pris soin de préciser que le président russe ne donnait pas de conseils à son homologue ukrainien.

Ce dernier a accusé les chefs de l'opposition, dans son adresse à la Nation diffusée en pleine nuit, d'avoir "franchi les limites" en appelant selon lui à une "lutte armée" pour prendre le pouvoir.

Il a assuré que les coupables "comparaîtraient devant la justice".

Les services spéciaux ukrainiens (SBU) ont annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête pour tentative de prise illégale du pouvoir visant "certains hommes politiques", sans autre précision.

La contestation est née de la volte-face en novembre du pouvoir ukrainien qui a renoncé subitement à un rapprochement avec l'Union européenne pour se tourner vers Moscou.

Après avoir mobilisé des centaines de milliers de personnes, elle s'est transformée au fil des semaines en un rejet du régime du président Viktor Ianoukovitch.

- Extension des violences -

Dans la nuit de mardi à mercredi, les policiers ont avancé et pris position autour du monument qui se trouve au milieu de la place, après une pluie de grenades lacrymogènes et assourdissantes. Les tentes situées autour du monument ont pris feu les unes après les autres.

Pour se protéger des forces de l'ordre, les contestataires ont dressé un mur de feu. Un blindé a été incendié par des cocktails molotov.

Le pouvoir a imposé dès mardi une sorte d'état d'urgence qui ne dit pas son nom: le métro de Kiev a été fermé et les autorités ont annoncé que le trafic routier en direction de la capitale serait "limité" à partir de minuit, afin d'éviter "l'escalade des violences".

Malgré les condamnations qui se sont multipliées sur la scène internationale, le président Ianoukovitch a exigé que les manifestants évacuent le Maïdan, ont déclaré les leaders de l'opposition après l'avoir rencontré mardi soir.

Plusieurs étages de la Maison des Syndicats, transformée en QG des manifestants donnant sur le Maïdan, ont été ravagés par le feu. Des opposants quittaient ce bâtiment et certains ont été évacués sur des brancards.

Les violences menacent désormais de s'étendre au reste de l'Ukraine.

A Lviv, un bastion de la contestation dans l'ouest, les manifestants ont pris d'assaut les sièges de l'administration régionale et de la police, ainsi que de bâtiments militaires.

A l'issue d'affrontements, quelque 5.000 manifestants ont pris le contrôle des dépôts d'armes. Des heurts fin janvier avaient fait quatre morts et plus de 500 blessés.

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