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"Trésor nazi": Gurlitt porte plainte contre la saisie de sa collection

19/02/2014 06:13 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Cornelius Gurlitt, l'octogénaire allemand chez qui plus de 1.400 oeuvres d'art ont été retrouvées, dont certaines soupçonnées d'avoir été volées à des juifs par les nazis, a lancé une procédure en justice contre la saisie de sa collection, ont annoncé ses avocats mercredi.

Les avocats de Cornelius Gurlitt "ont déposé plainte devant le tribunal administratif d'Augsbourg (sud de l'Allemagne) contre la décision prise le 23 septembre 2011 de perquisition et de saisies" de ses oeuvres, selon un communiqué du porte-parole de l'octogénaire.

L'objectif est d'obtenir la levée de la saisie et donc de récupérer la collection, expliquent-ils encore. Le tribunal administratif d'Augsbourg a confirmé avoir reçu la plainte. Et le parquet de cette ville a indiqué à l'AFP qu'il comptait s'exprimer à ce sujet, sans préciser quand.

"Monsieur Gurlitt et sa défense ont totalement conscience de la dimension morale de cette affaire", a affirmé l'un des avocats, Tido Park, cité dans le communiqué.

Mais "le droit et la morale doivent être clairement distingués dans une procédure judiciaire et une (telle) procédure ne doit pas être détournée pour éclaircir des demandes de restitution", a-t-il ajouté.

"Etant donné l'immense intérêt médiatique et les débats politiques autour de cette affaire, nous nous inquiétons légitimement de la légalité de la procédure" touchant la collection de M. Gurlitt, a affirmé un autre défenseur de l'octogénaire, Derek Setz.

Les avocats estiment que la saisie de la collection "n'est pas justifiée" par les soupçons de fraude fiscale concernant leur client, seul motif pourtant mis en avant par le parquet pour motiver cette saisie.

Parallèlement, ils répètent que M. Gurlitt est "prêt à dialoguer" avec d'éventuels ayants droit et qu'il "a conscience de sa responsabilité morale". Par conséquent, il souhaite un accord à l'amiable sur des oeuvres "dont l'origine serait éventuellement problématique".

Lundi, les avocats de ce fils d'un marchand d'art au passé trouble sous le Troisième Reich avaient indiqué être en discussion avec six ayants droit potentiels, pour des oeuvres représentant 3% du total saisi.

Cornelius Gurlitt, octogénaire solitaire vivant dans un appartement munichois au milieu de toiles et de boîtes de conserves périmées, était apparu sur le devant de la scène après la révélation en novembre dernier par la presse allemande de la découverte chez lui au printemps 2012 de 1.406 oeuvres de maîtres tels que Chagall ou Matisse.

Une grande partie d'entre elles pourrait avoir été soit volée ou extorquée à des familles juives, soit saisie dans les musées comme faisant partie de ce que les nazis classaient dans la catégorie "Art dégénéré".

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