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Syrie: le chef des combattants rebelles rejette son limogeage

19/02/2014 12:55 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Le chef d'une importante coalition rebelle syrienne, le général Sélim Idriss, limogé dimanche, a rejeté mercredi cette décision également dénoncée par plusieurs groupes d'insurgés.

Dans une vidéo le montrant ainsi que plusieurs commandants rebelles, le général Idriss continue de se présenter comme le chef du conseil militaire suprême (CMS), qui chapeaute l'Armée syrienne libre (ASL), et appelle à une "restructuration totale" de cette instance.

"On nous a demandé, à (moi) le chef du CMS, aux commandants sur le terrain et aux chefs des conseils militaires, de commencer à travailler sur une totale restructuration du CMS", a-t-il indiqué sur cette vidéo, sans préciser quelle partie était à l'origine de cette demande.

Il s'en prend par ailleurs au ministre de la Défense de l'opposition, Assaad Moustapha, qui aurait soutenu son remplacement à la tête du CMS par le général de brigade Abdelilah al-Bachir, qualifiant ses décisions d'"improvisées et d'individuelles".

Avec le soutien présumé de M. Moustapha et du chef de l'opposition politique, Ahmad Jarba, le CMS a limogé dimanche le général Idriss, invoquant des "difficultés que rencontrent la révolution syrienne" dans son combat contre le régime.

"Le limogeage d'Idriss est une décision illégale", ont réagi les cinq plus importants commandants de l'état-major de l'ASL, dirigé également par Idriss depuis décembre 2012.

Les commandants affirment dans un communiqué vouloir continuer à combattre le président Bachar al-Assad "sous la direction du général Idriss" qui a été "élu démocratiquement" par les conseils militaires sur le terrain.

Parlant à l'AFP sous couvert d'anonymat, un rebelle a indiqué que le limogeage avait été décidé "lors d'une réunion secrète" du CMS que plusieurs importants rebelles avaient quitté ces derniers mois.

"Indépendamment des défauts d'Idriss, il s'agit d'un coup d'Etat", a dit ce rebelle, demandant pour quelles raisons "les conseils militaires n'ont pas été convoqués pour voter".

Une source de l'opposition avait indiqué que le principal reproche fait au général Idriss est "la mauvaise distribution des armes" aux rebelles, en plus "des erreurs dans les combats".

L'ASL était la première coalition rebelle formée lors de la militarisation de la révolte en Syrie pour tenter de renverser le régime.

Une source au sein de l'ASL a blâmé le peu de soutien fourni à Idriss par les pays soutenant la révolte qui donnent "directement leurs aides militaires aux groupes combattant sur le terrain plutôt qu'à Idriss".

"Le général Idriss a fait son possible pour renforcer l'ASL. L'an dernier, le CMS a reçu des aides d'un montant de trois millions de dollars seulement alors que les aides fournies par un pays occidental ont été interrompues", a-t-il ajouté.

En décembre 2013, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient suspendu toutes leurs aides non-létales à l'ASL, après que des combattants islamistes eurent saisi son stock d'armes à la frontière syro-turque.

Des militants sur le terrain ont cependant critiqué le CMS. "Il est très faible et ne représente rien en comparaison avec les grands groupes combattant sur le terrain", selon l'un d'eux, Nazir al-Khatib.

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