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Sotchi 2014: Alex Harvey et Devon Kershaw exclus de la finale du sprint par équipe en ski de fond

19/02/2014 06:35 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT
ALBERTO PIZZOLI via Getty Images

KRASNAÏA POLIANA, Russie - Alex Harvey ne s'est pas défilé après sa déconfiture au sprint par équipes, en compagnie de Devon Kershaw. D'autres auraient dit que les Jeux olympiques ne sont pas plus importants que les championnats du monde ou la Coupe du monde, qu'il faut regarder la saison dans son ensemble, mais pas lui.

Malgré ses succès répétés au Tour de ski, cet hiver, Harvey a reconnu que les Jeux de Sotchi «comptaient pour 90 pour cent» de la note en vue de la saison 2013-14 de ski de fond.

«Je ne passe pas l'examen. Je 'double' mon année», a-t-il lancé, mercredi, après avoir failli à la tâche à tel point que Kershaw et lui n'ont pu se qualifier pour la finale du sprint par équipes style classique.

Harvey ne s'en est jamais caché ces derniers jours: l'équipe canadienne masculine de ski de fond misait gros sur cette épreuve. Incapables de se placer parmi les 10 duos qui ont accédé à la finale, Kershaw et lui se sont contentés de la sixième place de leur vague, à 44,14 secondes du temps de 23:36,23 des Allemands en demi-finale A.

Les Allemands ont ensuite fini seulement septième, à plus de 40 secondes des vainqueurs, les Finlandais Iivo Niskanen et Sami Jauhojaervi (23:14,89). Les Russes et les Suédois ont complété le podium.

Même si la journée a été un fiasco, Harvey ne trouve pas que les attentes étaient trop élevées.

«Nous sommes dans le coup depuis 2010, a dit le Québécois de 25 ans, en faisant allusion au titre mondial que Kershaw et lui ont remporté en 2011 dans cette discipline, une année après leur quatrième place aux Jeux de Vancouver. J'ai gagné en Coupe du monde et j'ai eu des podiums cette saison, Devon a eu un podium et il a fini deuxième au cumulatif en 2012...

«La journée d'aujourd'hui, j'y pense depuis quatre ans, a ajouté Harvey. C'est juste que parfois ça marche, parfois ça marche pas. Et là, ç'a pas marché.»

Et mercredi, ça n'a pas fonctionné parce que Kershaw n'était pas suffisamment remis d'une grippe pour résister à un parcours où il fallait réaliser des tours de quatre minutes et plus — c'est plus long que la plupart des tracés habituels —, assorti d'une montée. L'Albertain de 31 ans a souffert dès le premier tour, puis Harvey a payé le prix à son tour quand il a tenté de rattraper le temps perdu.

«En m'examinant (mercredi) matin, le médecin m'a dit que le pire était passé et moi, je pensais que j'aurais assez de puissance pour la course, a indiqué Kershaw. Mais entre ce que le cerveau dit et ce que le corps donne... Mon coeur voulait à 100 pour cent, mais les jambes n'étaient pas là.»

Pendant ce temps, Harvey a été incapable de sauver les meubles parce qu'il n'avait pas sa forme des grands jours.

«Si j'avais été un super-héros, j'aurais pu remonter. Mais les deux, collectivement, nous n'étions pas assez forts», a dit l'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges, en soulignant que contrairement aux épreuves précédentes, ses skis «étaient bons».

En temps normal, on aurait pu décider de remplacer Kershaw par Lenny Valjas, mais celui-ci n'était pas à 100 pour cent de sa forme non plus.

«(Valjas) était lui aussi un point d'interrogation, a déclaré Justin Wadsworth, l'entraîneur-chef de l'équipe canadienne. Il ne s'est pas qualifié au sprint et il avait des problèmes de genou. Si j'avais eu un réserviste qui était à 100 pour cent, la décision aurait été plus difficile à prendre, mais Devon a dit que son niveau d'énergie était plutôt bon.»

Malgré le contexte, Harvey avait confiance malgré tout.

«Mon père (Pierre Harvey), quand il a gagné sa première Coupe du monde, a été malade toute la semaine avant. Alors je savais que c'était possible. Ça n'a juste pas fonctionné cette fois-ci.»

Alex Harvey disputera une dernière épreuve d'ici la fin des Jeux, le 50 km de dimanche. Mais cette fois, il n'aura aucune attente.

À moins qu'Ivan Babikov ne soit dans un grand jour, l'équipe canadienne masculine de ski de fond risque donc d'être blanchie à Sotchi. Comme elle l'a été à tous les JO de l'histoire jusqu'ici.

«Ça risque d'être un 20 jours à mettre aux poubelles, a lancé Harvey, qui avait l'habitude, jusqu'ici, de répondre à l'appel lors des grands rendez-vous — même au niveau junior.

«Un flop comme ça, c'est la première fois. J'imagine qu'il fallait que ça arrive un jour», a-t-il lancé, sans vraiment y croire, et en ajoutant qu'il n'y avait rien à apprendre d'une telle expérience.

«Je sais ce qu'il faut faire dans un tel contexte: il faut arriver en forme et il faut contrôler les choses qu'on peut contrôler, a souligné Harvey. Et à un moment donné, les choses que tu ne peux pas contrôler, si ça arrive que c'est ça qui te tue, tu ne pouvais pas le contrôler, alors tu ne peux pas vraiment apprendre de ça.

«Devon qui tombe malade, par exemple... Tu as beau te laver les mains avec de la mousse antibactérienne quarante fois par jour, à un moment donné, il suffit d'un virus qui rentre dans la bouche...»

...Et ça suffit à faire la différence entre un podium et une disqualification hâtive.

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