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Malgré les progrès, une majorité d'Africains encore exposée au risque du paludisme

19/02/2014 06:30 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Plus de 57% de la population d'Afrique sub-saharienne vit toujours dans des régions à risque, élevé ou modéré, de contracter le paludisme, en dépit des investissements sans précédent faits au cours de la décennie passée, selon une étude publiée jeudi.

Dix pays (Nigeria, République Démocratique du Congo, Ouganda, Côte d'Ivoire, Mozambique, Burkina Faso, Ghana, Mali, Guinée et Togo) regroupe 87% de la population la plus exposée au paludisme, relève ce travail portant sur la période 2000-2010, détaillé dans la revue médicale britannique The Lancet.

A partir de milliers d'études dans 44 pays africains, les chercheurs ont estimé la fréquence ("prévalence") de l'infection par le parasite Plasmodium falciparum, cause de paludisme, peu après le lancement, en 1998, de l'initiative "Faire reculer le paludisme" (RBM : Roll Back Malaria).

Dopée par cette initiative, la communauté internationale a fortement investi avec un financement qui est passé de 100 millions de dollars en 2000 à environ 2 milliards en 2013.

Les chercheurs ont trouvé une diminution de l'infestation des enfants dans 40 des 44 pays entre 2000 et 2010.

Ils ont défini trois catégories de risques : élevé, là où plus de 50% de la population est probablement infectée par le parasite, modéré (10 à 50% de la population infestée) et bas (moins de 10%).

Entre 2000 et 2010, la population à haut risque, vivant en zone d'hyperendémie, a diminué en passant de 219 millions à 184 millions (- 16%); tandis que celle des zones à risque modéré augmentait de 179 millions à 280 millions (+ 57%).

En revanche, le nombre d'habitants des régions à bas risque s'est accru, passant de 131 millions à 219 (+ 64%) et quatre pays -- le Cap Vert, l'Erythrée, l'Afrique du Sud et l'Ethiopie -- rejoignent le Swaziland, Djibouti et Mayotte (devenu en 2011 le 101e département français, ndlr) qui ont des niveaux de transmission si bas qu'il rend réaliste l'objectif de l'élimination du paludisme.

Pour les chercheurs, le bilan général est mitigé, avec des progrès en partie réduit par les taux de croissance de la population : en une décennie, 200 millions de personnes supplémentaires sont nées en zone d'endémie.

Ainsi une réduction significative de la transmission du paludisme a été réalisée dans des pays d'endémie sur la période 2000-2010. "Cependant, 57% de la population vit toujours dans des territoires où la transmission reste modérée ou intense" notent les auteurs pour qui "le soutien mondial pour accélérer la diminution de cette transmission demeure une priorité"

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) 3,3 millions de vie ont été sauvées dans le monde depuis l'an 2000, mais le paludisme a tué encore l'an dernier 627.000 personnes, surtout parmi les enfants africains.

BC/jeb

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