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Les cardinaux autour du pape pour parler défis de la famille

19/02/2014 09:19 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Au lendemain d'un "G8" des conseillers du pape sur les réformes dans l'Eglise, les cardinaux du monde entier, dont 19 nouveaux élus, se réunissent jusqu'à dimanche en consistoire autour de François pour évoquer les délicates évolutions de la famille.

Sur les 218 cardinaux, 185 seront présents à ce premier grand sommet de l'Eglise catholique depuis le Conclave qui a élu François le 13 mars 2013 en remplacement de Benoît XVI.

La pastorale familiale a été choisie par le pape comme ordre du jour, car il la juge déterminante pour la nouvelle évangélisation. Quelle place ouvrir à tous les catholiques qui ne sont pas "en règle", vivant maritalement, divorcés, homosexuels, et à leurs enfants.

Le pape, qui semble avancer tous azimuts, a fait précéder ce consistoire d'un "G8" de ses conseillers cardinaux qui ont pris connaissance des rapports de commissions sur l'administration et les finances du Vatican, ainsi que sur sa banque, l'IOR à la réputation sulfureuse.

Aucune réforme déterminante n'a été annoncée et d'autres sessions du "G8" sont prévues pour avril et juillet.

Nul doute que ces importantes mutations structurelles en préparation, que le pape doit approuver et qui sont préparées par huit hommes en majorité extérieurs à la Curie, seront évoquées en marge du consistoire, pendant les pauses-café.

Cette méthode secrète du pape François et son autoritarisme ne sont pas du goût de tous dans le gouvernement de l'Eglise.

- Première étape -

Le premier consistoire de François sera ouvert jeudi à sa demande par un personnage très symbolique de l'ouverture, le cardinal allemand à la retraite Walter Kasper, ancien président du Conseil pour l'unité des chrétiens.

En Allemagne, il est bien connu pour une recherche théologique sur la question très débattue de l'accès à la communion des divorcés remariés. Le pape avait vanté, peu après son élection, à l'occasion d'un Angelus, le livre du cardinal Kasper, intitulé "Barmherzlichkeit" ("Miséricorde"), à la foule place Saint-Pierre.

Après une intervention théologique dans laquelle Mgr Kasper devrait donner des pistes de réflexion sur la famille, tous les cardinaux auront voix au chapitre, à huis clos, jusqu'à vendredi.

Nul doute qu'ils analyseront et réagiront aux réponses des diocèses au récent questionnaire du Vatican sur la famille, qui abordait sans aucun tabou des questions comme celles de la cohabitation hors mariage et de l'accueil d'enfants de couples homosexuels.

Elles ont commencé à affluer en janvier au Vatican, et révèlent un vaste écart entre le vécu des catholiques occidentaux et la doctrine de l'Eglise : notamment une acceptation généralisée de la contraception, un très fort souhait d'intégration des divorcés et des homosexuels.

Les réponses venues d'Afrique et d'autres régions du sud sont plus conservatrices, ce qui laisse augurer des débats bien vifs.

Le consistoire n'est que la première des trois étapes sur cette priorité du pape François. Les défis de la famille doivent faire l'objet de deux assemblées mondiales d'évêques (synodes), en octobre prochain, et l'année suivante, la dernière devant aboutir à des propositions concrètes.

Le samedi, dans la basilique Saint-Pierre, le pape remettra 19 barrettes (coiffes rouges) à ceux qu'il a choisis pour en faire des "princes de l'Eglise", fidèles jusqu'au martyr (d'où la couleur rouge). Seize d'entre eux, ceux de moins de 80 ans, seront des nouveaux électeurs en cas de conclave.

Parmi eux, des hommes de la Curie -son nouveau secrétaire d'Etat Pietro Parolin ou encore le gardien du dogme, Gerhard Ludwig Müller- mais aussi des médiateurs, des hommes de terrain, des évêques des "périphéries" et proches des humbles, comme Chibly Langlois, le jeune archevêque (55 ans) des Cayes, en Haïti, Philippe Ouédraogo du Burkina Faso, et Jean-Pierre Kutwa, médiateur dans la crise ivoirienne.

Ou encore l'archevêque de Westminster, Vincent Nichols, un homme de dialogue qui a récemment critiqué ceux qui condamnent l'existence de messes à Soho pour les gays.

A 98 ans, Loris Francesco Capovilla, ancien secrétaire de Jean XXIII, le pape qui a convoqué Vatican II (1962/65), devrait recevoir lui aussi la barrette. Une manière pour François de marquer son attachement à ce concile du renouveau de l'Eglise et au "bon pape Jean" dont il se sent proche et qu'il canonisera en avril.

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