NOUVELLES

Le regain de violence en Ukraine force les Européens à durcir le ton

19/02/2014 06:02 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Le regain de violence en Ukraine a forcé les Européens à durcir le ton et pour la première fois la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a évoqué mercredi la possibilité de sanctions contre le gouvernement du président Viktor Ianoukovitch.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent se retrouver jeudi après-midi pour une réunion extraordinaire à Bruxelles pour discuter de l'Ukraine.

Avant cela, une réunion des ambassadeurs de l'UE chargés des questions de sécurité a été convoquée d'urgence mercredi matin à Bruxelles. "Toutes les options seront étudiées, y compris des sanctions contre les responsables de la répression et des violations des droits de l'Homme", a indiqué Mme Ashton.

Parmi les mesures possibles, figurent l'interdiction des visas et le gel des avoirs pour les dirigeants ukrainiens impliqués dans la répression, a souligné le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Elmar Brok.

La question des sanctions à l'encontre de l'Ukraine ne faisait pas l'unanimité jusqu'à présent parmi les 28 Etats membres de l'UE, alors que celle-ci est requise pour l'adoption de sanctions.

"Il n'y a pas d'unanimité car plusieurs pays voisins de l'Ukraine ne souhaitent pas s'avancer dans la voie des sanctions en disant que c'est un risque que l'on prend, un risque de voir le régime durcir encore le ton à l'égard de l'opposition", a expliqué le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, personnellement favorable à des sanctions.

Nous espérons que les Etats membres de l'UE "pourront se mettre d'accord dans l'urgence sur des mesures ciblées contre les responsables de la violence et l'usage excessif de la force", a souhaité le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso qui devait retrouver en fin de matinée le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel à Paris.

- 'Sang sur les mains' -

Le chef de l'Etat français a indiqué mercredi que des sanctions contre les responsables ukrainiens doivent être envisagées. Berlin a pour sa part jugé que le refus de dialogue des autorités ukrainiennes avec l'opposition constituait "une grosse faute de Ianoukovitch"

De violents affrontements ont éclaté mardi à Kiev entre manifestants de l'opposition et policiers. Selon le ministère ukrainien de la Santé, ils ont fait 25 morts.

La Pologne qui comme trois autres Etats de l'UE a une frontière commune avec l'Ukraine s'est déclaré en faveur de sanctions à Kiev. Mais la Roumanie, autre pays voisin de l'Ukraine, ne s'est pour sa part pas prononcé en faveur d'un durcissement.

"Dans ce moment de tension maximale, seul le dialogue peut résoudre la crise", a souligné le ministre des Affaires étrangères roumain Titus Corlatean.

Le temps du dialogue est révolu car Ianoukovitch "a du sang sur les mains", a toutefois estimé le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt, fervent partisan de sanctions.

Selon la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, l'Ukraine est désormais "au bord de la guerre civile". "Nous devons parler de sanctions internationales", a-t-elle insisté.

A ce stade, aucun pays européen, ni les Etats-Unis, n'envisage de retirer ses athlètes qui participent aux jeux Olympiques de Sotchi en Russie, le plus fidèle allié de Viktor Ianoukovitch.

Moscou a dénoncé mercredi une "tentative de coup d'Etat" en Ukraine et a déclaré "exiger" des leaders de l'opposition dans ce pays qu'ils fassent cesser les violences.

bur-aje/cb/ml

PLUS:hp