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La Libye reconnaît les victimes de viol durant la révolte comme "victimes de guerre"

19/02/2014 03:58 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Le gouvernement libyen a adopté mercredi un décret reconnaissant les victimes de violences sexuelles commises durant la révolution en Libye comme "victimes de guerre".

"Le gouvernement a adopté aujourd'hui (mercredi) un décret qui protège les victimes de viols durant la guerre de libération (du pays du régime de Mouammar Kadhafi en 2011), en les reconnaissant comme victimes de guerre", a annoncé à l'AFP le ministre de la Justice Salah al-Marghani.

Ce décret permettra à ces victimes de bénéficier de plusieurs aides médicales et financières mais aussi d'un logement et d'aide à l'éducation.

"Le texte avait été soumis au Congrès général national (CGN, parlement) pour l'adopter sous forme de loi", a précisé le ministre.

Mais "le CGN a d'autres sujets qu'il estime plus importants et donc nous avons décidé d'adopter ce décret", a ajouté M. Marghani, initiateur du texte.

"Cette loi était attendue par des milliers de femmes en Libye. Nous espérons maintenant qu'elle inspirera d'autres pays dans le monde", s'est félicitée Souhayr Belhassan, présidente d'honneur de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), parlant d'une "première mondiale".

"La société civile et la FIDH continueront à appeler le Parlement libyen à assumer ses responsabilités envers les victimes en adoptant le texte sous forme de loi", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

M. Marghani a précisé que le décret était entré en vigueur dès son adoption mercredi.

Le régime de Mouammar Kadhafi est accusé d'avoir utilisé le viol "comme une arme" contre la rébellion, lors du conflit de 2011 qui a renversé le dictateur tué en octobre 2011.

La plupart des violences sexuelles auraient été commises à Misrata (ouest) durant les semaines de combats qui furent parmi les plus sanglantes du soulèvement.

Mais jusqu'à présent, aucune enquête n'a pu être menée sur les cas de viols, un sujet tabou en Libye sur lequel les victimes refusent de s'exprimer.

"Le décret protège les victimes et leur permettra ainsi de témoigner, ce qui nous aidera à recenser les cas", a indiqué M. Marghani.

ila/vl

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