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La brigade franco-allemande va être déployée au Mali

19/02/2014 10:43 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Des éléments de la brigade franco-allemande vont être envoyés au Mali, premier déploiement de cette unité en Afrique, ont annoncé mercredi Paris et Berlin lors d'un sommet dans la capitale française.

"Cette Brigade franco-allemande sera présente au Mali dans le cadre de l'opération européenne de formation, d'encadrement, d'accompagnement pour faire en sorte que la sécurité soit définitivement rétablie", a déclaré le président français François Hollande lors d'une conférence de presse au côté de la chancelière allemande, Angela Merkel.

Le communiqué diffusé par le ministère français des Affaires étrangères ne donne pas de détails concernant la date de l'arrivée de la brigade au Mali.

La France, qui comptait 2.500 hommes au Mali au début de l'année, devait réduire ses effectifs à 1.600 pour la mi-février, pour ensuite baisser progressivement à un millier de soldats - "le niveau nécessaire pour faire face à toute menace qui pourrait ressurgir, car les groupes terroristes sont encore présents au Nord-Mali", avait expliqué début janvier M. Hollande.

Une centaine de militaires allemands se trouvent également sur le sol malien.

Le déploiement de soldats de la brigade franco-allemande était discuté par les deux capitales depuis plusieurs mois. En janvier, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier avait évoqué cette hypothèse, prévenant toutefois que son pays n'enverrait pas de troupes de combat en Afrique.

Créée en 1989, la brigade franco-allemande, dont l'état-major est basé à Müllheim (Allemagne), est composée d'environ 4.800 hommes des deux côtés du Rhin. Elle a notamment été engagée au Kosovo et en Afghanistan mais des experts jugent qu'elle reste sous-employée.

- Islamistes toujours actifs -

Au total, quelque 250 soldats de la brigade devraient être envoyés au Mali. Sous commandement français, cette unité devrait se cantonner à des missions de formation des forces maliennes dans le cadre de la mission européenne (EUTM).

Lancée le 18 février 2013, celle-ci "a permis, en un an, de renforcer les capacités opérationnelles de près de 3.000 soldats, de manière à permettre au gouvernement malien d'assurer ses missions sur l'ensemble de son territoire", selon le communiqué diffusé à l'issue du sommet franco-allemand.

Sous-équipée, mal formée et mal dirigée, l'armée malienne avait été mise en déroute début 2012 dans le nord du pays par une rébellion touareg alliée avec des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Les jihadistes avaient ensuite rapidement évincé les Touareg et occupé pendant neuf mois les régions de Tombouctou (nord-ouest), Gao (nord-est) et Kidal (extrême nord-est), y commettant de nombreuses exactions.

Le 11 janvier 2013, la France avait déclenché une intervention militaire internationale dans le nord du Mali, qui est toujours en cours, pour en chasser les groupes armés. Dépassés militairement, ces derniers avaient été chassés en quelques semaines des villes qu'ils contrôlaient.

Mais l'instabilité demeure dans cette immense zone désertique représentant les deux tiers du territoire malien, difficile à contrôler. Les négociations de paix entre Bamako et les Touareg en restent aux rencontres préparatoires, et les islamistes commettent régulièrement des attentats meurtriers - tirs à l'arme lourde, voiture piégée...

Outre le Mali, Allemands et Français ont abordé la situation en République centrafricaine, mais aucun détail n'a été donné sur ce point dans le communiqué final.

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