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"Femmes de réconfort": le patron de la NHK promet impartialité et neutralité

19/02/2014 02:40 EST | Actualisé 20/04/2014 05:12 EDT

Epinglé récemment pour des propos jugé scandaleux sur un épisode de la dernière guerre, le patron de la télévision publique japonaise NHK a promis que la chaîne resterait impartiale.

Fin janvier, Katsuto Momii avait affirmé que la prostitution forcée de femmes pendant la Seconde guerre mondiale, une pratique conduite par le Japon en Asie, était "fréquente dans tous les pays en guerre".

Le système des bordels militaires était "fréquent dans tous les pays en guerre", avait-il déclaré lors de sa première conférence de presse depuis son arrivée à la tête de la NHK.

Mercredi, devant une commission parlementaire en charge du budget de la NHK, le PDG a affirmé que tous les personnels de la chaîne publique devaient "strictement adhérer aux principe de liberté d'expression, de neutralité et d'équité".

"Je serai plus prudent à l'avenir", a-t-il assuré aux députés.

Devant le tollé provoqué par ses déclarations, notamment en Chine et en Corée du Sud, il s'était excusé mais sans se rétracter, indiquant qu'il s'agissait d'une "opinion personnelle".

Il avait également refusé de démissionner comme le réclamaient des milliers de téléspectateurs de la NHK et une association professionnelle de journalistes.

La plupart des historiens estiment à environ 200.000 le nombre de ces "femmes de réconfort", surtout des Coréennes, Chinoises et Philippines, réduites en esclavage sexuel par Tokyo pendant la Seconde guerre mondiale.

Le malaise s'est accru avec les déclarations quelques jours plus tard d'un autre dirigeant de la NHK qui a nié la réalité du massacre de Nankin perpétré en 1937 par l'armée japonaise.

"Des pays n'ont pas prêté attention à la propagande du dirigeant nationaliste chinois Chiang Kai-shek (...) sur les massacres qui auraient été commis à Nankin par le Japon. Vous savez pourquoi ? Parce que ça n'a jamais existé", avait lancé Naoki Hyakuta lors d'un meeting politique à Tokyo.

Ces propos ont une nouvelle fois hérissé la Chine, qui dénonce régulièrement les penchants nationalistes ou militaristes supposés du Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a nommé M. Hyakuta dans l'instance de direction de la NHK l'année dernière.

Et selon des médias nippons, dont l'agence Kyodo, les propos du PDG à propos des "femmes de réconforts" auraient également déplu à l'ambassade des Etats-Unis à Tokyo, qui aurait du coup refusé une demande d'interview de la chaîne avec l'ambassadrice Caroline Kennedy.

L'ambassade s'est refusée à tout commentaire.

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