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Commission Charbonneau: le président de l'International contre-interrogé par la FTQ-Construction

19/02/2014 09:04 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

EN DIRECT - À la commission Charbonneau, le nouveau président de l'International Daniel Gagné a fini d'être contre-interrogé mercredi par l'avocat de la FTQ-Construction, Robert Laurin.

Un texte de François Messier

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Mardi, Daniel Gagné a révélé avoir appris en mars 2010 que la FIPOE (syndicat des électriciens, FTQ-Construction) aurait conclu des ententes secrètes avec deux poids lourds de l'International, soit Gérard Cyr, le puissant gérant d'affaires du local 144 (tuyauteurs), et Donald Fortin, directeur général de la centrale syndicale.

Le président de l'International dit avoir compris que cette entente aurait réservé le secteur industriel à la FIPOE, un syndicat qui représente 85 % des électriciens de la province, les électriciens du local 568 de l'International devant rester cantonnés aux secteurs commercial et résidentiel. 

M. Gagné n'a pu en dire davantage sur cette entente, dont il a été mis au parfum à l'occasion d'une réunion organisée en mars 2010 entre des syndiqués du local 568 et Arnold Guérin, alors directeur général de la FIPOE - aujourd'hui président de la FTQ-Construction.

La réunion avait été organisée à la suite d'une plainte pour discrimination syndicale déposée à la Commission de la construction du Québec (CCQ) par le local 568, relativement aux agissements de la compagnie Ondel, sur un chantier d'Ultramar, à Québec.

Cette plainte, jugée en béton par un enquêteur de la CCQ, selon M. Gagné, a finalement été jugée non fondée par la CCQ.

En contre-interrogatoire, Me Laurin a avancé qu'Ondel avait aussi déposé une plainte pour intimidation et menaces contre le local 568 et qu'il en avait remis une copie à la commission.

Le procureur Paul Crépeau a rétorqué qu'il s'agissait plutôt d'une plainte pour atteinte à la réputation, qui a d'ailleurs été jugée non fondée par la CCQ. Il a soutenu du même souffle que la CCQ juge « anormal » que la FTQ-Construction dispose d'une copie de cette plainte.

Refusant d'approfondir cette histoire, France Charbonneau a mis un terme à la séance.

Au préalable, le discours sur l'intégrité du CPQMC-I présenté par M. Gagné au début de son témoignage a été quelque peu égratigné lors des contre-interrogatoires.

Interrogé par l'avocat de sa centrale, Me André Dumais, M. Gagné a reconnu qu'il n'avait, à l'époque, pas fait plus pour aider le local 568 que de rapporter la situation à Donald Fortin. Jamais il n'a ainsi abordé leurs problèmes lors de la rencontre du bureau des gérants d'affaires du CPQMC-I.

« On n'a pas sollicité d'aide de ma part. Le local 568 ne m'a pas demandé de relancer ça », a plaidé le président du CPQMC-I.

France Charbonneau a estimé que ces propos n'étaient « pas vraiment rassurants » quant au potentiel de changement au sein de la centrale. « Si personne ne fait rien, en bout de ligne, ça va rester pareil! » a-t-elle lancé. « Effectivement », a convenu M. Gagné.

Daniel Gagné a aussi soutenu qu'il n'avait entendu parler de discrimination syndicale de la part de syndicats affiliés au CPQMC-I qu'à une ou deux reprises, sans plus. Il a précisé que dans ces cas, il n'avait de toute façon aucun pouvoir, les locaux étant autonomes.

Lorsque Me Robert Laurin lui a rappelé que Ken Pereira a longuement parlé de la discrimination dont aurait été victime le local 1981 (mécaniciens industriels, FTQ-Construction) de la part du local 2182 (mécaniciens industriels, CPQMC-I), il a répondu : « Les allégations de M. Pereira, je retiens pas mon souffle là-dessus ».

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