MONTRÉAL - Musiciens, chanteurs, compositeurs, humoristes, peintres et autres intervenants du monde de la scène célébraient jeudi soir la venue de la dixième édition du festival suisse Pully‐Lavaux à l’heure de Québec, à l’auberge Saint-Gabriel de Montréal. Le président fondateur Rico Perriard explique en entrevue la nature et les ambitions de cet évènement biennal consacré à la chanson française d’Amérique du Nord, qui fait vivre la culture québécoise et acadienne à Pully-Lavaux depuis 1996.

Ce grand festival, qui aura lieu cette année du 5 au 14 juin, est devenu une attraction majeure dans cette ville de 18 000 habitants située aux abord du lac Léman, non loin de Lausanne: deux millions $ de budget, 200 bénévoles, une vingtaine d’employés, une cinquantaine d’artistes canadiens, dont plus du trois quarts son issus du Québec. Cette année, on y attend 40 000 visiteurs en provenance des quatre coins de la Suisse, mais aussi de la France, voire de la Belgique.

Depuis ses débuts, Pully‐Lavaux à l'heure du Québec connaît un succès populaire exceptionnel. Au programme 2014, un foisonnement de créateurs de la relève (une mission du festival) se mélangent aux artistes plus établis : Karim Oullet, Lara Brown, Alexandre Désilets, les Hay Babies, Les Soeurs Boulay, Mark Bérubé, Marcie, Salomé Leclerc tiennent l’affiche aux côtés des Cowboys Fringants, André-Philippe Gagnon, Anthony Kavanagh, Roch Voisine, Robert Charlebois, Isabelle Boulay ou encore Richard Desjardins.

« Par amour »

Passionné du Québec, de chanson et de poésie de langue française, René (Rico) Perriard (copain avec Léo Ferré, Pierre Flynn, Luc Plamondon et bien d’autres) réalisait dans les années 1980 le potentiel insoupçonné des Québécois pour l’art de la scène. Lors d’un séjour au Québec chez son ami Claude Léveillée, il fait notamment la découverte du superbe travail de certains chanteurs d’ici. L’idée de créer un festival de chansons québécoises en Suisse germe alors en lui…

Au fil des ans, le président du festival est venu plus d’une centaine de fois au Québec pour des raisons festivalières, mais aussi pour les vacances. Il a également parcouru le Canada d’est en ouest à la recherché de nouveaux talents.

« À force de séjourner au Canada pour le festival, on devient gentiment connu, affirme Perriard. Les trouvailles sont facilitées par un réseau de contacts. Je fais ça par amour [...] Les Québécois représentent environ 80 % de la programmation. Mais nous (Perriard et ses collègues du festival) fouillons également dans les poches francophones qui existent ailleurs au Canada. Car ces gens ont droit à la parole. Le plus grand réservoir à ce sujet est à l’Est, c’est-à-dire en Acadie, au Nouveau-Brunswick. Je pense aussi aux Iles de la Madeleine. Le groupe Suroît, par exemple, était au menu de nos premières années du festival. »

« J’aime la musique depuis que je suis tout gosse, souligne-t-il. Je grattais la guitare dans les bistros. Le fait que je n’ai pas continué est que je faisais du soccer. J’ai ouvert grâce à ça un magasin de sport (on y loue notamment des milliers de paires de skis annuellement) qui marche bien. Cela dit, en parallèle à mon travail, j’ai continué à m’intéresser de près à la musique. »

Le partage

Depuis l’an 2000, le Festival International d’été de Québec, à la demande du maire de la ville, parraine artistiquement le Festival.

Aux dires de l’organisation Pully‐Lavaux à l’heure de Québec, les artistes invités comprennent tout de suite qu’il se passe quelque chose de spécial à ce festival, outre la musique: l’amitié, l’émotion, l’ambiance, la convivialité et la simplicité à l’échelle humaine.

Depuis ses débuts, l’évènement a vu défiler Claude Léveillée, Garou, Lynda Lemay, Daniel Lavoie, Cœur de Pirate, Véronic DiCaire, Marie-¬Jo Thério, Ariane Moffatt, Fred Pellerin, Damien Robitaille et beaucoup d’autres artistes témoignant de la diversité culturelle du Canada francophone.

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  • <strong>Alexandre Désilets</strong> a déjà charmé bien des Québécois avec sa superbe voix. Outre le chant, cet artiste sait créer des arrangements et des ambiances fort originales. En plus, il bouge bien et incarne bien, comme en fait foi sa brillante performance dans le spectacle hommage Danse Lhasa Danse. Son troisième album intitulé <em>Fancy Ghetto</em> sera disponible dès le 11 février 2014. (Crédit photo: Caroline Désilets)

  • <strong>Audrey Emery</strong> est toute nouvelle dans le paysage des carrières solo. Pourtant, cette voix à la fois mature, cool et suave est connue de bien des artistes. Elle a notamment accompagné celle de Martin Léon sur scène et tout au long de l'album <em>Les Atomes</em>. On a également pu l'entendre aux côtés de nombreux autres musiciens tels Éloi Painchaud, Jean-Phi Goncalvès et Clément Jacques. En 2013, Emery a laissé paraître un single intitulé <em>La couleur des jours</em>, titre de son EP à sortir le 28 janvier. Un délicat groove qui dévoile un esprit soul à la Erykah Badu. (Photo: Courtoisie / Mauvaise Influence)

  • <strong>David Marin</strong> s’était révélé avec l’album <em>À côté d’la track</em>, il y a environ six ans. Le chanteur folk était de retour en octobre avec un second disque, <em>Le choix de l’embarras</em>, réalisé par Louis-Jean Cormier. Bien reçu au Québec, cet album sera enrichi par les nombreux spectacles prévus dans plusieurs villes de la Belle Province. Il fera sa rentrée montréalaise le 27 février dans le cadre du festival Montréal en lumière. « Le vent vire » comme chante David Marin. (Photo: Courtoisie / Simone Records)

  • <strong>Kandle</strong> est un autre talent qui émerge de la vague folk-indie-rock montréalaise. Cette jeune auteure-compositeure-interprète anglophone ayant grandi en Colombie-Britannique (fille de Neil Osborne, icône canadienne de la musique et chanteur du groupe 54-40) s'est établie dans la métropole à l’été 2011. Depuis, elle a gagné la reconnaissance des gens grâce à sa sensible voix et la maturité de son travail. En 2012, elle faisait paraître un EP de six excellentes chansons. Kandle a récemment collaboré avec le très talentueux Jimmy Hunt. Elle dévoilera son savoir-faire sur<em> In Flames</em> un album complet qui sortira en mars. (Photo: Courtoisie / Dare to Care)

  • <strong>Loud Lary Ajust</strong> est un trio de rap qui propose des sons à la fois sales, urbains, brutes, clinquants et accrocheurs. Ce collectif est dans la vague de tous ces autres rappeurs qui émergent au Québec ces dernières années comme Alaclair Ensemble et Dead Obies. Loud, Lary et Ajust sortaient en mai 2012 l’album <em>Gullywood</em>, qui a reçu un très bon accueil de la critique et du reste du milieu de la musique. Ensuite, venait <em>Gully Plus</em>, un EP de remix réunissant des collaborations avec plusieurs artistes comme Koriass, Maybe Watson et Ruffsound. Un autre EP intitulé <em>Ô Mon Dieu</em> viendra par la suite. Sous étiquette Audiogram (une boîte étonnante pour un tel groupe, mais tant mieux) que Loud Lary Ajust lancera un album complet en bonne et due forme dans la seconde moitié de 2014. À voir sur scène. (Crédit photo: John Londono)

  • <strong>Patrice Michaud</strong> s’est d’abord fait connaître comme gagnant du Festival international de la chanson de Granby 2009. Il a ensuite plu à grand nombre de Québécois avec son premier disque <em>Le triangle des Bermudes</em> qui a servi d’inspiration à plus de 125 spectacles. Il sortira un autre disque, <em>Le feu de chaque jour</em>, le 4 février. Déjà, l’extrait <em>Mécaniques Générales</em> tourne dans les radios du Québec, dont NRJ et CKOI. Entré au studio Piccolo en octobre, Patrice s'est entouré d'Andre Papanicolaou à la réalisation et aux guitares, Simon Blouin à la batterie, Mark Hébert à la basse, François Lafontaine (Karkwa, Marie-Pierre Arthur…) au piano et Audrey-Michèle Simard aux chœurs. (Crédit photo: Amélie Gagné)

  • <strong>Philippe B</strong> a frappé un grand coup avec son troisième album folk pop Variations fantômes, qui a servi d’inspiration au chanteur-guitariste pour un brillant spectacle (avec de nombreux musiciens dont le quatuor Molinari) qui consistait en une relecture d'œuvres classiques servant de cadre à ses propres compositions. En avril 2014, le réalisateur, auteur, compositeur et interprète nous reviendra avec <em>Ornithologie, la nuit</em>. (Crédit photo: Anouk Lessard)

  • <strong>PyPy</strong> est un nouveau groupe de punk psychédélique montréalais créé récemment par des membres de CPC Gangbangs, Les Sexareenos, Red Mass et Duchess Says (la chanteuse Annie-Claude Deschênes). Son premier disque <em>Pagan Day</em> est ultra énergique, truffé de distorsion et d’airs discos très pesants. Musique parfaite pour s'éclater. Signé chez le label américain Slovenly Recordings, PyPy va certainement créer un <em>buzz</em> important. Sortie d’album le 11 février. (Photo: Courtoisie / Bonsound Promo)

  • <strong>Philémon Cimon</strong> possède une voix sensible, à la limite de la fragilité, et un esprit assez créatif. C’est très pop, mais bien fait. Après un EP en 2008 et un premier disque complet en 2011, <em>Les sessions cubaines</em>, le chanteur risque d’attirer grandement l’attention avec son second opus <em>L’été</em>, qui sera sur les rayons le 28 janvier 2014. (Photo: Courtoisie / Audiogram)

  • <strong>The Vasts</strong> est une formation active depuis déjà quelques années sur la scène montréalaise. Il met présentement la dernière touche à l'enregistrement de son premier album, réalisé par Serge Nakauchi Pelletier (Beast, Pawa Up First) et mixé par Mathieu Parisien (Karkwa, Patrick Watson). Le groupe a notamment attiré l’attention lors de sa participation au Festival de Musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) 2013. Folk, indie-rock, trip hop et suppléments de cuivres donnent un son unique à cette formation menée par l'auteur-compositeur-interprète et arrangeur Nicolas Carette. (Photo: Courtoisie / Mauvaise Influence)

  • <strong>The Posterz</strong> est notre choix surprise. Husser (voix et réalisation), Kris the Spirit (voix) et sir Share It (réalisation) sont trois jeunes rappeurs dont le talent indéniable est encore méconnu de tous au Québec hormis certains fins connaisseurs de la niche hip hop. Une tournée (The Mobbing Mini Tour) de quelques concerts a notamment permis de les voir au Belmont, Divan Orange (sur la rue Saint-Laurent) ou encore à La Petite Boîte Noire, à Sherbrooke (17 janvier). Pour ce que nous avons pu entendre jusqu’à maintenant, leurs beats sont intelligents, soignés et franchement accrocheurs. Les paroles sont parfois crues, un style classique pour le genre. L’approche minimaliste (la pièce<em> Those Days</em>, par exemple) fait parfois penser au travail de l’Américain Kanye West. Pour se faire une idée, <em>The Bass Song</em> et <em>All I Know</em> sont disponibles sur Internet, des chansons tirées du EP <em>Starships & Dark Tints</em>, sorti à l’automne. Selon le gérant du groupe, un autre EP (<em>Starships & Dark Tints</em> remasterisé et bonifié de trois nouveaux morceaux) et d’autres projets sont à venir : « Nous organiserons durant l’année un lancement digne de ce nom pour présenter le groupe au public montréalais. Nous sortirons aussi un autre vidéoclip dans la même ligné que <em>The Bass Song</em>. » Par ailleurs, The Posterz participera à des festivals au cours de l’année. Des négociations sont en cours avec des maisons de disque… À suivre. (Photo: Courtoisie / The Posterz)


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