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Vent de rébellion chez les prostituées madrilènes

13/02/2014 12:57 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Dénonçant une législation de plus en plus sévère, qui les empêche, selon elles, d'exercer librement leur métier, des prostituées s'apprêtent à manifester samedi à Madrid pour demander à être traitées "comme n'importe quel autre travailleur".

"Nous sommes directement touchées parce que les clients ont peur et ne viennent plus", a affirmé Nereyda Lakulok, une grand-mère originaire du Costa Rica, âgée de 54 ans, qui se prostitue à Madrid, au cours d'une conférence de presse organisée jeudi par le collectif Hetaira.

"Nous voulons que notre travail soit régularisé, pouvoir bénéficier de l'aide sociale et être traitées comme tout autre travailleur", a-t-elle ajouté. "J'ai fait le choix d'exercer cette noble profession, qui m'a permis de faire vivre mon foyer", a-t-elle témoigné.

La mairie de Madrid, afin de lutter contre la prostitution, qui n'est ni illégale ni régularisée en Espagne, projette de faire payer des amendes à ceux qui seraient surpris en train d'aborder des prostituées dans la rue.

Le gouvernement espagnol, dans le cadre d'un projet de loi sur la sécurité citoyenne, prévoit quant à lui des amendes pour les prostituées ou leurs clients qui seraient surpris près des écoles ou dans des lieux fréquentés par des enfants.

Selon ce texte approuvé par le gouvernement en novembre, la prostitution ou le recours aux services de prostituées dans les lieux interdits seraient passibles d'amendes allant de 1.000 à 30.000 euros.

Selon la nouvelle réglementation proposée par la mairie de Madrid, une personne surprise en train de solliciter les services d'une prostituée dans un lieu public serait passible d'une amende de 750 euros, pouvant aller jusqu'à 3.000 euros si la scène se produit près d'une école ou d'un centre commercial.

"La loi fait de nous des délinquants. Cela ne nous aide pas du tout", a lancé Carolina Hernandez, une prostituée équatorienne du collectif Hetaira. "Ils veulent nous faire disparaître du paysage, nous éliminer de la rue et nous pousser à la clandestinité", a-t-elle ajouté.

Hetaira appelle à manifester samedi à l'angle de la rue Montera, une rue proche de la place de la Puerta del Sol à Madrid, fréquentée par les prostituées. Celles-ci demanderont aux pouvoirs publics de leur attribuer des emplacements où elles pourraient exercer leur activité en toute sécurité.

Un rapport parlementaire estimait en 2007 que 400.000 prostituées exerçaient en Espagne.

rlp/sg/sym

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