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Turquie: la police disperse des manifestants devant le Parlement à Ankara

13/02/2014 07:04 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

De violents incidents ont opposé jeudi la police turque à quelque 2.000 personnes qui manifestaient à proximité du Parlement à Ankara en réclamant la libération d'officiers condamnés pour avoir conspiré contre le régime, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre, très nombreuses, sont intervenues à la mi-journée avec des grenades lacrymogènes et des canons à eau pour repousser les protestataires lorsqu'ils ont commencé à se rapprocher de l'Assemblée.

"Nous sommes ici pour demander la libération de tout les patriotes", a déclaré à l'AFP une manifestante, Emine Altin, qui agitait un drapeau turc. "La Turquie est sous le joug de la répression" du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, a-t-elle ajouté, "c'est maintenant une question de vie ou de mort".

"Non au complot" ou "Tayyip voleur", ont également scandé les manifestants, réunis à l'appel de plusieurs partis ou associations politiques.

Les affrontements entre la police et les contestataires ont fait au moins deux blessés, a constaté l'AFP. Douze manifestants ont également été interpellés, selon la police.

Plusieurs centaines d'officiers à la retraite ou d'active, dont un ancien chef d'état-major de l'armée turque, ont écopé en 2012 et en 2013 de lourdes peines de prison dans deux affaires retentissantes de conspiration contre le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002.

Empêtré dans un scandale de corruption sans précédent, M. Erdogan a récemment tendu la main à l'armée en annonçant qu'il était favorable à un nouveau procès pour ces militaires.

Un projet de loi a été déposé la semaine dernière au Parlement pour supprimer les tribunaux spéciaux qui avaient jugé les officiers et transférer leurs compétences aux cours criminelles de droit commun.

L'état-major de l'armée turque a lui-même sollicité la révision des deux procès en cause, arguant que les preuves retenues contre ses hommes avaient été fabriquées.

Depuis la mi-décembre, le chef du gouvernement accuse ses ex-alliés de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen de profiter de leur influence au sein de la magistrature et de la police pour manipuler les enquêtes anticorruption en cours et déstabiliser le régime avant les municipales de mars et la présidentielle d'août.

Longtemps gardienne autoproclamée des valeurs laïques de la République, l'armée turque, qui a mené trois coups d'Etat et poussé un Premier ministre islamiste à la démission en 1997, a été écartée hors du jeu politique par M. Erdogan, à coups de purges et de procédures judiciaires.

BA/pa/ ih

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