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Tunisie: procès à huis clos de policiers accusés de viol

13/02/2014 08:00 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Le procès de trois policiers tunisiens impliqués dans le viol d'une jeune femme a repris jeudi à huis clos après une série de reports décrits par la victime comme un "calvaire", plus d'un an après le début de cette affaire.

"C'est une affaire touchant à la morale, nous demandons à toute l'assistance de quitter la salle", a annoncé le juge en début d'après-midi.

La jeune femme connue sous le pseudonyme de Meriem Ben Mohamed a pour sa part dit craindre que cette audience devant être consacrée à l'interrogatoire des policiers et aux plaidoiries soit reportée, comme cela a été le cas à plusieurs reprises depuis octobre.

"J'ai peur qu'ils reportent encore le procès. Que ce calvaire se termine!" a dit à l'AFP la jeune femme qui accuse deux policiers de l'avoir violé.

Selon le rapport d'expertise psychologique joint au dossier et dont l'AFP a pu prendre connaissance, Meriem Ben Mohamed a été diagnostiquée comme souffrant de "dépression compliquant un état de stress post-traumatique".

"Ces troubles peuvent durer des mois ou des années après le viol", poursuit le rapport. "La plaignante présente des troubles anxieux, dépressifs, rencontre des problème d'adaptation, des troubles de la personnalité (...) directement liés aux faits subis".

Trois agents de police sont poursuivis et incarcérés dans cette affaire. Deux d'entre eux, Chawki Ben Ammar et Walid Feriani, sont accusés de viol, le troisième d'avoir extorqué de l'argent au fiancé de la victime.

Les policiers affirment avoir surpris en septembre 2012 la jeune femme et son fiancé en train d'avoir des relations sexuelles dans une voiture, en banlieue de Tunis.

Selon l'accusation, deux agents ont ensuite violé la jeune femme à tour de rôle, tandis qu'un troisième policier conduisait son petit ami jusqu'à un distributeur de billets pour obtenir de l'argent.

Le Parquet avait tenté d'engager sans succès des poursuites pour atteinte à la pudeur contre le couple, déclenchant un vaste scandale en Tunisie et une campagne de soutien à la victime à l'étranger.

La jeune femme de 27 ans au moment des faits a publié en France un livre racontant son histoire sous son pseudonyme et titré "Coupable d'avoir été violée".

Lors d'une précédente audience, la famille de la victime a indiqué avoir reçu des menaces.

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