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Syrie: l'arrestation des hommes évacués de Homs inquiète les Etats-unis

13/02/2014 07:38 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Le régime syrien s'est voulu rassurant jeudi sur le sort des hommes arrêtés par les services de sécurité à leur sortie du réduit rebelle de Homs, au moment où le département d'État américain a adopté un ton menaçant sur cette affaire.

A Genève, pour débloquer les négociations, le médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi doit se réunir avec les deux parrains de la conférence de paix, la Russie et les États-Unis, représentés par le vice ministre des Affaires étrangères Guennadi Gatilov et la secrétaire d'Etat adjointe Wendy Sherman.

A Homs, ville du centre de la Syrie où se déroule une opération d'évacuation de civils hors de la Vieille ville assiégée par le régime depuis 18 mois, le gouverneur, Talal Barazi, a annoncé à l'AFP que des hommes, actuellement interrogés par les services de renseignements après leur évacuation, seraient libérés.

"Des hommes âgés de 16 à 54 ans seront relâchés aujourd'hui", a-t-il assuré sans en préciser le nombre.

Selon M. Barazi, au total 390 hommes en âge de porter les armes avaient été arrêtés par les autorités syriennes à leur sortie des quartiers assiégés de Homs, et 111 d'entre eux ont déjà été libérés.

Des militants anti-régime restés dans le réduit rebelle de Homs ont affirmé craindre de se faire arrêter s'ils quittent leurs quartiers.

"Le régime doit savoir que le monde entier regarde avec une grande préoccupation ce qui se passe à Homs et le statut des hommes évacués. Tout tentative de les maintenir de manière arbitraire en détention ne sera pas acceptée", a affirmé Edgar Vasquez, un porte-parole du département d'Etat américain.

"Le régime a indiqué qu'il libèrera les hommes après examen, et nous espérons qu'il tiendra son engagement. Mais compte tenu de son attitude passée, la communauté internationale ne peut pas se fier à sa parole et elle doit être attentive sur le sort de ces hommes", a-t-il ajouté.

Au total depuis le 7 février, 1.417 personnes ont été évacuées du vieux Homs, en vertu d'un accord entre le régime syrien et les rebelles négocié par l'ONU. Il resterait 3.000 personnes dans ce réduit de 2 km2, en grande partie en ruines.

Par ailleurs, l'acheminement d'aide et les évacuation de civils assiégés à Homs reprendront vendredi après une suspension d'un jour, a déclaré M. Barazi.

"Les opérations humanitaires et l'évacuation des civils n'auront pas lieu aujourd'hui. La trêve doit être prolongée et elles reprendront demain", a indiqué le gouverneur joint par téléphone.

Selon lui, la trêve entrée en vigueur le 7 février pour permettre ces opérations, déjà prolongée une fois, sera renouvelée pour trois jours à partir de vendredi.

Depuis une semaine, 6,2 tonnes de farine et 500 rations alimentaires ont été distribuées dans ce secteur touché par la famine.

Résolution russe à l'ONU

Dans le bras de fer entre les Occidentaux, qui appuient la rébellion, et Moscou, fidèle allié de Bachar al-Assad, la Russie a présenté un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation humanitaire en Syrie, qui ne prévoit pas de menaces de sanctions contre le régime Assad, a indiqué le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Pour lui, le projet occidental et arabe, rejeté par Moscou, "est fait sous forme d'un ultimatum. Il y a des menaces de sanctions".

"Mais nous ne pouvons pas l'accepter. Nous insistons sur la nécessité de se concentrer sur un travail concret", a-t-il souligné.

Les Occidentaux tentent depuis plusieurs jours de convaincre la Russie de se rallier à leur texte, qui réclame un meilleur accès humanitaire et "la levée immédiate des sièges" de plusieurs villes syriennes dont Homs.

En Suisse, les représentants du gouvernement ont refusé mercredi de discuter du projet de transition présenté par l'opposition, qui prévoit notamment le départ des combattants étrangers et la tenue d'élections. Pour le régime, il faut d'abord discuter de la lutte contre le "terrorisme", terme par lequel il désigne tous les rebelles.

Sur le terrain, des raids aériens ont touché des quartiers rebelles d'Alep, et à Damas, 40 malades ont pu être évacués du camp palestinien de Yarmouk où l'acheminement de l'aide alimentaire a repris après plusieurs jours d'interruption, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Mercredi, l'Observatoire avait recensé 51 morts à Alep, en majorité des civils victimes des barils d'explosifs et des dizaines d'autres à Deraa, dans le sud du pays.

Depuis le lancement le 22 janvier des pourparlers de paix à Genève, le nombre quotidien de morts n'a jamais été aussi élevé en trois ans de révolte, avec plus de 200 morts par jour, selon l'OSDH.

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