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Mozambique: le chef de la Renamo prêt à sortir de la clandestinité

13/02/2014 10:45 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Afonso Dhlakama, le leader de la Renamo, principal parti d'opposition mozambicain dont des militants armés affrontent sporadiquement les forces de l'ordre depuis fin 2012, a dit jeudi à l'AFP qu'il entendait quitter prochainement la clandestinité.

"Si tout va bien, ça pourrait même être demain", les relations s'étant réchauffées avec les autorités, a-t-il déclaré au téléphone depuis sa cachette, dans le centre du pays.

Dhlakama, 61 ans, avait pris le maquis en octobre 2012, et s'est enfui dans la brousse quand l'armée a investi son camp en octobre 2013.

"Tout va dépendre des négociations" en cours avec le gouvernement, a-t-il noté.

La Renamo est une ancienne guérilla antimarxiste reconvertie en mouvement d'opposition après la fin de la guerre civile mozambicaine qui a fait un million de morts entre 1977 et 1992.

Le mouvement, qui perd du terrain à chaque élection --de 47% des voix en 1999 à 16% en 2009--, a repris les armes ces derniers mois. Mais après avoir boycotté les municipales en novembre, il a annoncé en janvier qu'il participerait aux élections générales, prévues en octobre.

"Nous participerons (aux élections). Il n'y a aucun doute là-dessus", a confirmé Afonso Dhlakama jeudi, n'excluant pas d'être lui-même le candidat du parti, comme il l'a été à chaque présidentielle depuis le retour de la paix en 1992.

Il s'est félicité de ce que le gouvernement ait accepté cette semaine d'augmenter le nombre de représentants de l'opposition à la commission électorale, une de ses principales revendications.

Le leader de la Renamo accuse aussi le Frelimo, le parti au pouvoir depuis l'indépendance du Mozambique en 1975, d'accaparer l'appareil d'Etat et de s'enrichir grâce aux revenus des vastes gisements de charbon exploités depuis peu dans le nord-ouest du pays.

Les affrontements continuent en brousse pendant que les négociations progressent à Maputo.

L'armée a accusé la Renamo d'attaques quotidiennes contre ses convois dans la région de Gorongosa (centre) cette semaine, et dit avoir répondu en employant l'artillerie lourde.

Dhlakama a confirmé ces combats, mais ses hommes n'ont selon lui fait que se défendre. "Ils envoient toujours ces recrues pour nous tirer dessus. (...) Quand nous sommes provoqués chez nous, il faut qu'on se défende", a-t-il argumenté.

Le leader de la guérilla dit avoir donné à ses troupes l'ordre de cesser toute action il y a trois semaines pour faciliter les négociations, laissant entendre qu'il aurait même pu frapper au coeur de la capitale.

"Nous avons des troupes à Maputo (...). Ils ont pleuré pendant plus d'un mois, mais je leur ai ordonné d'arrêter", a-t-il souligné. "Personne n'a été autorisé à attaquer."

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