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Libye: les dignitaires de l'ancien régime toujours privés d'avocats (HRW)

13/02/2014 06:30 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Human Rights Watch (HRW) a appelé jeudi Tripoli à permettre à Seif al-Islam fils de Mouammar Kadhafi et à d'autres responsables de son régime dont l'ex-chef de renseignements Abdallah al-Senoussi inculpés pour la répression de la révolte de 2011, d'avoir accès à des avocats.

Seif al-Islam "Kadhafi et al-Senoussi ont dit qu'ils n'avaient pas d'avocats, tandis que Bouzid Dorda (ancien chef des renseignements) et al-Baghdadi al-Mahmoudi (ex-Premier ministre) ont indiqué avoir été privés d'un accès adéquat aux leurs", a indiqué HRW qui affirme avoir rencontré les quatre détenus.

"Le gouvernement libyen devrait faire davantage d'efforts pour s'assurer que ces anciens fonctionnaires détenus bénéficient d'un avocat et la possibilité de se défendre devant un juge", a déclaré Nadim Houry, directeur adjoint Moyen-Orient et Afrique du Nord de l'organisation de défense des droits de l'Homme.

Fin octobre, la justice libyenne a inculpé une trentaine des principaux responsables du régime déchu de Mouammar Kadhafi, dont Seif al-Islam et Senoussi, pour la répression de la révolte de 2011.

Seif al-Islam et Senoussi font en effet l'objet de mandats d'arrêt internationaux de la Cour pénale internationale (CPI) qui les soupçonne de crimes contre l'humanité lors de la révolte.

Fin mai, la CPI avait débouté les autorités libyennes de leur demande de juger devant les tribunaux libyens Seif al-Islam en raison des doutes sur la capacité du gouvernement libyen à lui garantir un procès juste et équitable. La Libye a fait appel de cette décision.

Par ailleurs, Amnesty International (AI) a condamné la régression de la liberté d'expression trois ans après le déclenchement de la révolte en Libye qui a renversée le régime de Kadhafi.

Selon AI, "les autorités ont consolidé une loi de l'ère Kadhafi qui criminalise les insultes à l'Etat, son emblème ou drapeau", affirmant que "l'amendement de l'article 195 proscrit toute critique de la révolution du 17 février ou des insultes aux fonctionnaires".

Dans ce contexte, Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé "la spirale de violence à l'encontre des professionnels des médias dans laquelle s'enfonce chaque jour un peu plus la Libye".

"Il est affligeant et déconcertant de voir un pays, dont le peuple s'est battu pour abolir plus de quatre décennies d'autoritarisme, être ravagé par tant de violence à l'encontre des médias aujourd'hui," s'est indigne RSF.

Plusieurs attaques ont ciblé ces derniers jours les journalistes et les médias en Libye dont le dernier en date l'attaque mardi soir aux roquettes du siège de la chaîne de télévision privée Alassema à Tripoli.

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