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Les onze migrants noyés à Ceuta sont morts du côté marocain, selon Madrid

13/02/2014 08:28 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Les onze immigrants clandestins retrouvés noyés depuis le 6 février aux abords de la plage de l'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, sont morts du côté marocain, a affirmé jeudi le ministre espagnol de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz.

Le ministre défendait devant une commission parlementaire l'action des forces de l'ordre espagnoles, sous le feu des critiques pour avoir utilisé ce jour-là du matériel anti-émeutes afin de repousser un assaut de plusieurs centaines de migrants subsahariens.

Les autorités espagnoles ont admis avoir tiré des balles en caoutchouc en l'air afin de dissuader l'assaut.

Mais depuis une semaine, la polémique agite l'Espagne, alimentée par les témoignages de migrants, diffusés par des médias et des défenseurs des droits de l'homme, affirmant que la police a tiré des balles en caoutchouc en direction de ceux qui se trouvaient dans l'eau et des billes en plastique pour crever les bouées auxquelles s'accrochaient les migrants, dont beaucoup ne savaient pas nager.

Les corps de huit hommes et d'une femme avaient été retrouvés dès jeudi dernier sur une plage marocaine près de Ceuta. La police espagnole a retrouvé le corps de deux autres migrants sur le rivage de Ceuta, samedi dernier puis mercredi.

"D'après les informations disponibles, et sans préjuger des conclusions de l'enquête judiciaire, on peut déduire que les immigrants morts dans ces circonstances sont décédés sur le territoire ou dans les eaux marocaines", a affirmé le ministre jeudi.

Les deux corps découverts du côté espagnol ont été "sans aucun doute poussés de ce côté par les courants", a-t-il ajouté.

M. Fernandez Diaz a reconnu que la police espagnole avait "employé de manière rationnelle des moyens anti-émeutes réglementaires, toujours sur le territoire ou dans les eaux nationales", avec un effet dissuasif et non contre les immigrants, afin de marquer dans l'eau la ligne correspondant à la frontière.

Un groupe de plusieurs ONG a déposé une plainte devant le Parquet général de l'Etat espagnol, demandant l'ouverture d'une enquête sur les événements du 6 février.

Les enclaves de Ceuta et Melilla constituent les seules portes d'entrée terrestres vers l'Europe pour l'immigration clandestine venue d'Afrique noire et du Maghreb.

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