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La Turquie annonce un déficit courant massif en 2013, 65 mds USD

13/02/2014 04:30 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Le déficit courant de la Turquie s'est nettement creusé en 2013 pour atteindre 65 milliards de dollars, contre 48,5 milliards l'année précédente, a annoncé jeudi la banque centrale, sur fond d'inquiétude pour l'avenir économique du pays.

Cette brutale dégradation, supérieure aux anticipations des analystes, a pour principale cause la dégradation du déficit commercial du pays, a précisé l'institution monétaire dans ses statistiques annuelles.

Ce déficit annuel est le deuxième plus important enregistré par la Turquie après celui de 2011, d'un montant de 75 mds USD.

Le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002, a annoncé son intention de réduire le déficit courant à 5,5% du produit intérieur brut (PIB) à l'horizon 2016, contre une prévision de 7,1% pour 2013.

La publication de cette statistique intervient sur fond de faiblesse de la livre turque et de craintes sur une réduction de la croissance économique du pays.

La monnaie nationale a lourdement chuté ces derniers mois, victime, comme celles des autres pays émergents, du resserrement de la politique monétaire américaine. Elle a en outre subi de plein fouet depuis la mi-décembre les effets de la crise politique née du scandale de corruption qui éclabousse le régime turc.

Depuis la mi-2013, la livre (LT) a perdu près de 20% de sa valeur par rapport au dollar et à l'euro. Après l'annonce de la banque centrale, elle s'échangeait jeudi matin à 2,2031 LT pour un dollar et à 3,0050 LT pour un euro, en baisse par rapport à la veille.

La banque centrale turque est parvenue à freiner la dégringolade de la monnaie en procédant le mois dernier à une forte hausse de ses taux d'intérêt, contre l'avis du gouvernement qui redoutait que cette mesure affecte la croissance du pays et creuse un peu plus ses déficits publics.

Ankara a pour l'heure maintenu à 4% sa prévision de croissance pour 2014 (anticipée à 3,6% e 2013) mais la plupart des analystes ont révisé la leur à la baisse, certains évoquant même un risque de récession.

BA/pa/ros

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