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La Commission européenne se met au parfum face aux allergies

13/02/2014 06:29 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Les grands parfumeurs européens devront remettre leurs nez dans leurs fragrances, et la cosmétique bio subir un toilettage, pour mieux lutter contre les allergies de peau qui frappent jusqu'à 15 millions d'Européens, a annoncé jeudi la Commission européenne.

Sur la base d'une révision des données scientifiques, l'exécutif européen entend interdire trois ingrédients jugés hautement allergènes, le synthétique HICC et deux essences naturelles extraites de mousses, utilisées pour la note boisée de parfums comme Chanel n°5. Ces composants ont été incriminés dans des milliers de cas recensés de réactions allergiques, notamment d'eczéma.

La concentration de 12 autres ingrédients notamment aux parfums de rose ou citron devra elle être limitée, tandis que la présence de 106 composants -- contre seulement 26 actuellement-- susceptibles de déclencher des réactions allergiques devra figurer sur l'étiquetage.

"Nous ne visons aucun parfum en particulier, il n'est pas question d'interdire Chanel n°5", s'est empressé de préciser le commissaire à la Consommation, Neven Mimica.

Mais si la proposition de la Commission est avalisée par l'UE, en principe d'ici début 2015, la composition de certains parfums, et notamment de grands classiques de l'industrie du luxe, devra être "reformulée", a-t-il précisé.

Grande consommatrice d'essences naturelles fortement allergènes, la cosmétique bio sera toutefois la plus fortement touchée: "selon les estimations du secteur, plus de 90% des produits devront être modifiés", une adaptation que la taille limitée des fabricants risque de rendre difficile, a indiqué une source européenne.

Selon la Commission, l'industrie cosmétique et du luxe a elle déjà entrepris cette mutation, purifiant et reformulant dans le secret bien gardé de ses laboratoires. Des délais de deux à cinq ans devront lui être accordés pour se conformer aux nouvelles mesures, une fois celles-ci adoptées, afin de préserver "son leadership mondial", a précisé M. Mimica.

La Commission a lancé une consultation publique de trois mois auprès des consommateurs, des fabricants et des autorités, pour peaufiner ces nouvelles mesures.

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