NOUVELLES

Espagne: démantèlement d'un réseau de blanchiment via le commerce d'or

13/02/2014 07:26 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

La police espagnole a annoncé jeudi l'arrestation de 164 personnes lors d'une vaste opération menée dans tout le pays contre le blanchiment de capitaux et la fraude fiscale par le biais du commerce de métaux précieux, dans laquelle les enquêteurs ont saisi 6,5 tonnes d'or et d'argent.

Ce réseau était formé par 180 entreprises "qui profitaient de l'essor du commerce des métaux précieux" pour émettre des fausses factures, "pour un montant allant jusqu'à un milliard d'euros par an", a expliqué le ministère de l'Intérieur jeudi dans un communiqué, détaillant l'opération annoncée la veille au soir.

Ces fausses factures, ajoute le ministère, permettaient de blanchir "des sommes tirées du commerce de l'or, d'escroqueries massives, de fraude immobilière et même de trafic de drogue".

Le commerce des métaux précieux s'est développé en Espagne à la faveur de la crise économique, qui a débuté en 2008, et les établissements d'achat-vente d'or se sont multipliés durant ces dernières années.

Lors du coup de filet mené conjointement par la police et les services fiscaux, "164 personnes ont été arrêtées dans 12 provinces, 6,5 tonnes d'or et d'argent ont été saisies, ainsi que 1,690 million d'euros en liquide", indique le communiqué.

Les agents ont également saisi "52 voitures et motos, deux bateaux, tandis que des comptes et des biens ont été bloqués pour une valeur supérieure à 16 millions d'euros".

Selon le ministère de l'Intérieur, l'opération a mis à contribution près de 600 enquêteurs, qui ont perquisitionné dans 88 établissements d'achat-vente d'or ouverts au public à travers toute l'Espagne et dans diverses sociétés.

Le réseau de blanchiment, qualifié de "complexe" par les autorités espagnoles, "utilisait des entreprises fantômes et des prête-noms", qui étaient utilisés également pour introduire sur le marché légal des bijoux volés et éviter de payer des impôts.

Le système était basé sur des commerces d'achat-vente d'or dispersés dans le pays, qui partageaient leurs activités entre le commerce légal et d'autres activités illicites.

"Au-dessus de ces établissements ouverts au public, fonctionnaient des commerces de gros par lesquels transitaient l'or, l'argent et le platine destinés à l'exportation", explique le ministère, ajoutant que "ce flux de métaux précieux était acheté et vendu avec la plus extrême opacité, utilisant des registres et une comptabilité parallèles".

L'enquête avait débuté en 2012 à Valence, dans l'est de l'Espagne, puis s'est étendue à de nombreuses régions du pays, dont celles de Barcelone, dans le nord-est, Cordoue et Grenade, dans le sud, Alicante dans le sud-est et Tolède dans le centre.

sg/elc/jh

PLUS:hp