NOUVELLES

Commission Charbonneau: le PDG de Ganotec contre-interrogé

13/02/2014 09:24 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT
PC

EN DIRECT - Le PDG de Ganotec Serge Larouche ne démord pas de sa version des faits sur les quelque 1,2 million $ en pots-de-vin touchés par le syndicaliste Gérard Cyr entre 2000 et 2006.

Un texte de Bernard Leduc et François Messier

Notre blogue en direct

M. Larouche, qui se chargeait de se procurer l'argent liquide pour payer M. Cyr, admet que ce n'est pas lui, mais son patron, Léopold Gagnon qui remettait l'argent à ce dernier. Mais il affirme que tout lui a été conté par ce dernier et qu'il n'a aucune raison de mettre ses propos en doute.

« Je n'ai jamais douté une minute de ce que me rapportait M. Léopold », a-t-il juré sur la « tête de ses enfants », devant l'insistance de Me Lucie Joncas, l'avocate du CPQMC-I, le syndicat longtemps présidé par M. Cyr.

Serge Larouche affirme qu'il n'a jamais eu des problèmes qu'avec Gérard Cyr, pas avec d'autres officiers du 144 ou d'autres locaux du CPQMC-I.

M. Larouche a affirmé mercredi que son entreprise, spécialisée dans la mécanique industrielle, s'est fait extorquer 1,2 million de dollars entre 2000 et 2006 par M. Cyr, qui était le gérant d'affaires du local 144 (tuyauteurs, CPQMC-I).

Ces paiements constituaient pour l'essentiel une ristourne de 0,5 % sur les revenus que Ganotec tirait des contrats qu'elle avait avec les raffineries Shell et Petro-Canada. Selon M. Larouche, cette entente a été conclue à la fin de l'été 2000, quelques mois après que M. Cyr eut réclamé une ristourne de 1 %.

Le témoin, qui était à l'époque directeur général de Ganotec, soutient que M. Cyr avait alors fait valoir au président de l'entreprise, Léopold Gagnon, « qu'il avait agi comme un lobbyiste dans l'arrivée d'Eugène [Arsenault] chez Ganotec ». Ce dernier a permis à l'entreprise de décrocher ces contrats. 

M. Larouche a expliqué au préalable qu'il avait déjà compris à l'époque que les chantiers de Ganotec fonctionnaient mieux lorsque Gérard Cyr était payé en argent comptant. Cela constituait, dit-il « une assurance pour pas se faire frapper [...] une police, une protection, un peu comme ça se passe dans 90 % des bars au Québec ».

Le PDG de Ganotec soutient qu'il a aussi versé 20 000 $ à Gérard Cyr au printemps 2007 pour s'assurer qu'il ne nuise pas à l'achat de sa compagnie par Kiewit et une autre somme de 10 000 $ en décembre 2007 pour qu'il cesse de déblatérer contre sa compagnie.

Serge Larouche a soutenu qu'il a prévenu plusieurs personnes de l'influence de M. Cyr au fil du temps, dont les ex-ministres du Travail Laurent Lessard et David Whissel, l'ex-PDG de la CCQ André Ménard et sa successeure Diane Lemieux, et le directeur canadien de l'Association dont relève le local 144, John Telford.

Seul ce dernier a trouvé grâce à ses yeux. « C'était difficile de trouver de l'aide », a-t-il laissé tomber.

M. Lessard nie que Serge Larouche lui ait jamais parlé de pots-de-vin versés à Gérard Cyr lors de leur rencontre. « S'il l'avait fait, j'aurais appelé police », soutient-il.

Plus tôt cette semaine, l'enquêteur de la commission Michel Comeau a soutenu que Gérard Cyr était surnommé « le roi » dans le milieu. Il a quitté ses fonctions au CPQMC-I et au local 144 cet automne.

Gérard Cyr n'a jamais été accusé en lien avec les allégations contenues dans le témoignage de Serge Larouche.

INOLTRE SU HUFFPOST

La commission Charbonneau en bref