NOUVELLES

Commerce illégal: plus de onze mille espèces animales menacées

13/02/2014 07:54 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Plus de onze mille espèces animales sont menacées dans le monde, selon la Liste Rouge de l'Union mondiale pour la nature (UICN), principal instrument de mesure de la biodiversité, et le braconnage accroît les dangers pour nombre d'entre elles.

11.212 espèces animales sont actuellement menacées sur les 53.267 espèces de vertébrés et d'invertébrés recensées par l'UICN, le plus vaste et le plus ancien réseau environnemental créé en 1948 à Fontainebleau (France) et qui a son siège à Gland (Suisse).

Une espèce de mammifère sur quatre, un oiseau sur huit et plus d'un amphibien sur trois sont menacés d'extinction mondiale. Les trafics augmentent dramatiquement les risques pour certaines de ces espèces, comme les éléphants recherchés pour leur ivoire, les rhinocéros pour leur corne, les requins pour leurs aileron ou encore le pangolin de Chine, recherché à des fins médicinales.

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites) interdit le commerce de plus de 600 espèces animales dont les grands singes et les grands félins, les éléphants et les rhinocéros, les tortues de mer ainsi que de nombreuses espèces de crocodiles et de serpents.

Adoptée le 3 mars 1973 à Washington et entrée en vigueur en 1975, elle rassemble 178 Etats et impose un contrôle strict sur le commerce de quelque 4.500 autres espèces animales.

Mais le braconnage atteint des records. Il a augmenté de 43% pour le rhinocéros en Afrique entre 2011 et 2012, selon l'UICN. Le commerce de cet animal est pourtant interdit depuis 1977.

Plus de mille rhinocéros selon le gouvernement --77 fois plus qu'en 2007-- ont été tués l'an dernier en Afrique du Sud qui abrite 80% de la population et accueillera la prochaine réunion de la Cites en 2016.

Les éléphants, estimés à moins de 500.000 en Afrique contre plusieurs millions au milieu du XXe siècle, sont menacés par la destruction de leur environnement mais aussi le braconnage qui a explosé, avec une forte demande notamment en Asie et au Moyen-Orient. Le commerce mondial de l'ivoire est interdit depuis 1989. Mais le trafic a doublé depuis 2007 et plus que triplé depuis 1998, selon un rapport publié en marge de la dernière conférence de la Cites en mars 2013.

La Cites a décidé l'an dernier de réguler strictement le commerce planétaire de cinq espèces de requins (requin océanique, trois requins-marteaux et requin-taupe). L'ONG Traffic estime le commerce d'ailerons à plus de 480 millions de dollars par an, l'Asie étant la principale accusée dans la surpêche de requins.

Environ 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde selon l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui estime que 90% de la population de l'animal a disparu en un siècle.

doc/lch/bc/jk/abk

PLUS:hp