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Syrie: les militants de Homs ont peur de quitter le réduit rebelle

12/02/2014 11:50 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Les militants anti-régime bloqués dans le réduit rebelle de Homs ont affirmé craindre de se faire arrêter s'ils quittent leur quartier, comme l'ont déjà été des centaines d'hommes évacués ces derniers jours de cette ville du centre de la Syrie.

Vendredi a commencé, sous la supervision de l'ONU, une opération pour distribuer une aide alimentaire et évacuer des civils du coeur de Homs, assiégé depuis plus d'un an et demi par le régime. Plus de 1.400 personnes ont été évacuées.

"Il y a environ 60 militants dans la zone assiégée. Certains d'entre eux voudraient sortir, mais ne le feront que s'ils ont des garanties concernant leur sécurité", a confié Yazan, un militant qui refuse de donner son patronyme pour des raisons de sécurité.

"Notre sort (comme opposants) est inconnu. Les militants qui veulent partir pour gagner un endroit sûr ont besoin de garantie", a-t-il dit à l'AFP par internet.

L'accord passé entre les rebelles et le régime autorise l'évacuation sans faire mention du sort réservé aux hommes en âge de porter les armes. Ainsi, 336 hommes de 15 à 55 ans ont été arrêtés à leur sortie par les autorités pour interrogatoire, selon le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

Mardi, le HCR avait indiqué que 42 ont été libérés mais un militant local se présentant sous le nom d'Abou Bilal a déclaré craindre qu'ils soient arrêtés de nouveau. Le gouverneur de Homs, Talal Barazi, a fait état de 111 personnes relâchées.

"On leur a donné un extrait d'état civil mais on leur a pris leur carte d'identité. J'ai peur qu'ils soient arrêtés de nouveau une fois terminée l'opération de l'ONU", a déclaré Abou Bilal, qui est en contact avec des personnes évacuées.

"Les gens sont libres de sortir, mais en réalité ils se rendent au régime. Je préfère rester à l'intérieur et manger de l'herbe plutôt que de me rendre", a-t-il souligné.

Selon des estimations, environ 3.000 personnes restent bloquées dans la Vieille ville de Homs, réduits depuis des mois à manger des olives et de l'herbe, car l'encerclement est total.

ser/sk/cnp

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