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Scrutin test dans une usine Volkswagen du Tennessee pour créer un syndicat

12/02/2014 10:22 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Les ouvriers d'une usine Volkswagen du Tennessee votaient mercredi pour décider de créer ou non un syndicat, un scrutin regardé de près à l'échelle nationale dont l'issue fournira un indicateur précieux sur l'état du mouvement syndical américain.

L'organisation United Auto Workers (UAW) n'a jusqu'à présent jamais réussi à rassembler en syndicat les employés d'une usine d'un constructeur automobile étranger. Une victoire à l'usine Volkswagen de Chattanooga, dans le sud des Etats-Unis, constituerait une étape historique.

Malgré de solides traditions syndicales dans leur pays d'origine, les constructeurs automobiles allemands, japonais ou sud-coréens présents aux Etats-Unis ont toujours fermement résisté aux efforts de syndicalisation sur le sol américain.

Volkswagen a néanmoins ouvert la porte à l'UAW l'an dernier, sous la pression des syndicats allemands désireux de donner à l'usine du Tennessee un siège dans le comité d'entreprise du groupe, permettant ainsi aux employés d'avoir leur mot à dire dans la gestion.

En dépit du soutien tacite de la direction de Volkswagen, les experts estiment que l'issue de ce vote à bulletin secret, dont les résultats devraient être connus vendredi, reste incertaine.

Convaincre des ouvriers du sud profond des Etats-Unis de payer des cotisations syndicales n'est pas une mince affaire, surtout depuis que l'UAW s'est vu accuser d'être à l'origine de la ruine des constructeurs automobiles de Detroit.

Les hommes politiques locaux, y compris le gouverneur du Tennessee, ont pris position contre la création d'un syndicat, prévenant que cela risquait d'attirer moins d'entreprises vers l'Etat et de rendre encore plus difficile la concurrence avec une usine mexicaine de Volkswagen pour la production d'un nouveau 4x4.

Ce vote intervient en outre à un moment où le mouvement syndical américain se bat pour sa survie. Le taux de syndicalisation aux Etats-Unis a chuté à son plus bas niveau depuis les années 1930, atteignant tout juste les 11,3%.

La seule organisation UAW a vu son nombre de membres plonger de 1,5 million en 1979 à 383.000 aujourd'hui.

"Nous assistons à une tentative de faire redémarrer le mouvement ouvrier américain", souligne Gary Chaison, expert à la Clark University du Massachusetts. "Si (les syndicats) parviennent à l'emporter à l'usine de Volkswagen, ce sera un signal très important qu'il reste encore de l'intérêt dans le mouvement ouvrier américain".

Cela pourrait aussi accroître la pression sur les autres constructeurs allemands BMW et Daimler AG, japonais Nissan, Honda et Toyota, et sud-coréens Kia et Hyundai.

mso/sam/jca

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