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Irak: près de 300.000 personnes ont fui les combats d'Al-Anbar (ONU)

12/02/2014 05:51 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Près de 300.000 personnes ont fui les combats entre les forces de sécurité et les insurgés dans la province d'Al-Anbar, le plus important déplacement en Irak depuis les violences confessionnelles il y a sept ans, a annoncé l'ONU.

Dans cette province sunnite, frontalière de la Syrie, l'armée et la police mènent depuis fin décembre des opérations pour tenter de reprendre plusieurs secteurs aux insurgés dont des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un puissant groupe jihadiste et aux combattants de tribus anti-gouvernementales.

"Durant les six dernières semaines, jusqu'à 300.000 Irakiens, soit 50.000 familles, ont été déplacés en raison de l'état d'insécurité autour de Ramadi et Fallouja", a indiqué un communiqué du Haut commissariat des réfugiés des Nations unies (HCR), publié mardi.

Le 24 janvier, le HCR avait donné un bilan de 140.000 personnes déplacées en raisons des combats.

Fin décembre, des quartiers entiers de Ramadi, chef-lieu de la province d'al-Anbar, ainsi que la totalité de la ville voisine de Fallouja, ont été conquis par des insurgés, entraînant des combats avec les forces de sécurité, aidées par des tribus pro-gouvernementales.

"La plupart des déplacés ont fui vers des provinces proches d'al-Anbar tandis que quelque 60.000 personnes sont allées dans des régions lointaines", ajoute le communiqué du HCR.

Les déplacés d'al-Anbar rejoignent plus de 1,1 million de leurs compatriotes ayant fui les violences au cours des années précédentes et qui ne sont toujours pas rentrés chez eux.

Des centaines de milliers d'Irakiens avaient abandonné leurs foyers lors des pires violences confessionnelles en 2006-2007 en Irak au moment où les troupes américaines étaient toujours déployées dans le pays qu'elles avaient envahi en 2003.

Dans une déclaration diffusée mercredi par la télévision, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, un chiite, a promis d'intégrer au sein de la police d'al-Anbar les combattants de tribus fidèles au gouvernement dans cette province.

La police d'al-Anbar "va absorber les honorables fils de tribus" qui sont restés aux côtés des forces de sécurité, a-t-il promis.

Des élus américains avaient récemment accusé M. Maliki d'alimenter la vague de violences par la lenteur de la réconciliation entre chiites et sunnites.

Le Premier ministre a appelé à plusieurs reprises les habitants d'al-Anbar à "prendre position" contre les insurgés, martelant qu'il était "temps d'en finir avec cette question et de mettre fin à la présence de gangs dans cette ville".

Samedi, le gouverneur d'Al-Anbar, Ahmed al-Dulaimi, avait donné aux insurgés à Ramadi et Fallouja une semaine pour déposer les armes en échange d'une amnistie.

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