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Deux mois de prison pour insultes au président libanais sur Twitter

12/02/2014 12:13 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Un développeur web libanais a été condamné à deux mois de prison pour insultes au président Michel Sleimane sur Twitter, a indiqué mercredi à l'AFP une source judiciaire.

"Jean Assy a été condamné à deux mois de prison pour diffamation et insultes au président via Twitter", a affirmé la source.

C'est la première fois qu'un citoyen libanais est condamné pour des opinions exprimées sur les réseaux sociaux. Il y a cependant déjà eu des inculpations pour insultes similaires.

M. Assy, 26 ans, a expliqué à l'AFP avoir écrit en janvier et février 2013 "que le président est un castrat, un castrat politique. "Et j'ai aussi écrit que le ministre de l'Intérieur est un imbécile, et d'autres commentaires de ce genre".

M. Assy, suivi par près de 6.000 personnes sur Twitter, est coutumier des commentaires acerbes et parfois vulgaires à propos de nombreuses figures politiques libanaises. Il n'a pas été arrêté, et il a indiqué qu'il comptait faire appel.

"Je ne compte pas passer deux mois en prison à cause d'un tweet. Je vais me battre, je ne vais pas permettre qu'il punisse qui que ce soit pour avoir écrit des tweets contre lui alors qu'il ignore tous les problèmes du pays", a dit M. Assy à propos du président Sleimane.

Il dit ne pas être un militant politique mais admet son soutien au chef du Hezbollah chiite, Hassan Nasrallah, et à son allié chrétien Michel Aoun, épargnés par ses commentaires.

Le verdict a été immédiatement critiqué par Human Rights Watch, dont le vice-directeur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Nadim Houry, a évoqué un "développement négatif".

"Envoyer quelqu'un en prison pour une expression jugée insultante ou incendiaire viole les obligations du Liban au regard du droit international sur la liberté d'expression", a indiqué M. Houry à l'AFP.

"Le Liban doit prendre une décision", a-t-il affirmé: "Veut-il suivre la voie empruntée par de nombreux autres pays de la région (..) ou bien préserver sa réputation de grande tolérance pour l'expression libre dans le monde arabe?".

M. Assy a dit ne pas avoir anticipé les conséquences de ses tweets ou vouloir s'attirer des ennuis.

"Mais d'une certaine manière, c'est bien: cela montre aux gens que le président a abandonné tous les problèmes de ce pays pour s'occuper de mon cas".

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