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Brésil: arrestation du manifestant soupçonné d'avoir lancé l'engin explosif qui a tué un caméraman

12/02/2014 06:40 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Caio Silva de Souza, 23 ans, soupçonné d'avoir lancé la fusée d'artifice qui a tué un caméraman de la chaîne de TV Bandeirantes lors d'une manifestation à Rio de Janeiro jeudi dernier, a été arrêté mercredi à l'aube dans l'Etat de Bahia (nord-est), a indiqué la police.

Le suspect, coursier dans une entreprise, a été arrêté dans une petite auberge de Feira de Santana dans l'Etat de Bahia, à plus de 1.500 km de Rio, où il se cachait.

Il était considéré comme fugitif et recherché par la police depuis lundi quand la justice de Rio a émis un mandat d'arrêt contre lui.

Il devait être rapatrié à Rio en avion dans la matinée de ce mercredi, selon le site G1 de Globo.

Silva de Souza a déclaré à la police qu'il avait l'intention de se réfugier chez son grand-père dans l'Etat du Ceara (nord-est du Brésil) mais que sa fiancée lui avait conseillé de se livrer à la police, poursuit G1.

Il est accusé d'avoir tiré en direction de la police l'engin explosif qui a frappé en pleine tête le caméraman Santiago Andrade, 49 ans, alors qu'il filmait la manifestation contre la hausse du prix du ticket de bus.

C'est un autre manifestant qui lui a passé la fusée, Fabio Raposo, 22 ans. Ce dernier a déjà été arrêté et placé en détention provisoire à Rio.

Les deux manifestants ayant manipulé l'engin explosif devront répondre d'homicide volontaire et d'usage d'explosif. Ils encourent une peine maximale de 35 ans de prison.

Caio Silva de Souza a allégué, au moment de sa détention, qu'il ne savait pas qu'il s'agissait d'une fusée d'artifice et a "demandé pardon pour la mort d'un travailleur" comme lui, selon G1.

Le caméraman Santiago Andrade est décédé lundi matin, après cinq jours de coma. Sa famille a déjà donné plusieurs de ses organes. Il sera incinéré jeudi à Rio.

La mort du journaliste a suscité une vive émotion jusqu'au sommet de l'État. La présidente Dilma Rousseff avait jugé lundi "inadmissible que les manifestations démocratiques soient dénaturées par ceux qui n'ont aucun respect pour la vie".

A quatre mois du coup d'envoi du Mondial de football, de nombreuses voix s'élèvent pour fustiger la violence des anarchistes Black Bloc qui font dégénérer les manifestations en affrontements avec une Police militaire mal préparée au maintien de l'ordre.

cdo/ml

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