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« Fancy Ghetto » d'Alexandre Désilets : la fièvre des néons (VIDÉO)

12/02/2014 01:26 EST | Actualisé 12/02/2014 01:35 EST

MONTRÉAL - Alexandre Désilets présentait les chansons de son nouvel album au cabaret du Mile-End à Montréal, mardi soir. Nocturne, urbain, fiévreux, énergique, ce disque émerge d’un créateur plus brut et moins lyrique. C’est électrique, plus entraînant, voire dansant. Quelques jours avant ce concert-lancement couru et réussi, nous avons rencontré l’homme du Fancy Ghetto.

Oh, il s’est injecté une dose de méchant le chanteur d’Escalader l’ivresse (2008) et de La garde (2010). Non pas qu’ils étaient mous ou mauvais ces précédents disques, mais ils étaient bien plus posés et poétiques. Cette fois-ci, coup de barre au projet. Les envolées cérébrales et doucereuses ont laissé place au « physique », à la fluidité et à la pop, très présente sur Fancy Ghetto.

« J’ai explosé les ambiances noires », lance un Désilets fébrile de l’autre côté d’une table à café. Je voulais mettre du groove à mon travail. Je suis parti des beats pour construire mes musiques. Je n’ai rien laissé au hasard. Tout était calculé. Je désirais de l’électro et des rythmes plus poussés qu’auparavant. »

« Pour les textes, Mathieu Leclerc (qui collabore avec lui à l’écriture) a eu une idée géniale : nous avons imaginé un monde qui prend vie entre le lever et le coucher du soleil. »

« Ils risquent »

Jour et nuit, durant 24 heures, des personnages incarnent ainsi les jeux de la séduction et de l’amour. Dix chansons au filtre distinct qui crée des ambiances changeantes, selon le cœur ou l’esprit de l’homme.

« Nous voulions un univers urbain et contemporain dans lequel tout est très romantique », ajoute Désilets pour préciser sa pensée. Ces hommes sont des sortes d’antihéros (il donne en exemples Don Quichotte et Quasimodo) qui habitent les morceaux de l’album. Mes personnages vivent à fond, ils sont dans l’urgence, ils donnent tout pour gagner le cœur d’une femme. Pour elle, ils risquent […] Ça se passe dans ces vieux quartiers urbains qui ont de l’âme, qui rappelle même la nostalgie. »

Sur le premier morceau, « Au diable » (dont l’intro ressemble étrangement à Lust For Life d’Iggy Pop), le décor est planté pour une histoire en retard : dans son appartement, un homme quitte l’endroit pour aller « creuser son enfer ». « Qui n’est pas insomniaque face au soleil de minuit? », chante Désilets. La musique est frénétique, passionnée, prenante.

« Au fond, la fille ne se pointe jamais au rendez-vous de minuit. Voilà pourquoi l’homme s’emballe dans la nuit. Une partie de moi aime vivre cette intensité », indique Désilets.

Cette ouverture musicale donne le ton au reste de l’opus : le chanteur, qui a réalisé Fancy Ghetto avec le prolifique François Lafontaine (Karkwa, Arthur H, Marie-Pierre Arthur), voulait attraper l’auditeur dans son monde fabulé de passions et de déceptions.

Une chanson par jour

Pour incarner cette urgence, Alexandre Désilets a choisi d’enregistrer en dix jours les pièces dans une formule très live : « Je dois dire que mes maquettes étaient très travaillées. Je ne voulais pas perdre mon temps en studio sur des logiciels et des ordinateurs. Les personnes qui ont collaboré aux arrangements (Alexandre Désilets, François Lafontaine, Samuel Joly, François Plante, Olivier Langevin et Pierre Girard) entraient en studio, jasaient des chansons et jouaient ensuite avec dynamisme. Pas de niaisage. Je voulais livrer la marchandise avec un minimum de prise. »

« Le son était trafiqué à la source, explique-t-il. Ce n’est pas vraiment un disque électro, mais c’est plutôt la façon de traiter le son à la source qui donne cette texture. L’impression d’entendre des synthétiseurs, par exemple, est créée en réalité avec une basse. Il y a des overdubs, mais 90 % de la musique a été faire en direct. C’était un grand risque, mais ça en valait la peine. »

« C’est ce genre d’énergie que j’avais envisagée pour cet album de nuit qui parle de romantisme. Je voulais de l’entrain, un souffle, que ça vibre, que ce soit lumineux avec parfois un esprit disco (Hymne à la joie). »

« Fancy Ghetto, c’est comme un archétype néon », de conclure Alexandre Désilets.

Sous étiquette Indica, Fancy Ghetto est disponible depuis le 11 février.

Un second spectacle-lancement aura lieu au Théâtre Petit Champlain de Québec, le 13 février.

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