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Syrie: trêve prolongée à Homs en vue de nouvelles évacuations de civils

11/02/2014 04:41 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

L'ONU se préparait à évacuer mardi un nouveau groupe de d'habitants assiégés pendant 20 mois dans la ville syrienne dévastée de Homs après la prolongation de l'opération humanitaire, alors qu'un nouveau round de négociations entre belligérants tournaient en rond à Genève.

Depuis vendredi, au total quelque 1.200 personnes, en grande majorité des enfants, des femmes et des hommes âgés, ont été sortis de cette cité considérée comme "la capitale de la révolution" et qui a payé cher son opposition au régime de Bachar al-Assad, selon un bilan du Croissant rouge.

La plupart des habitants évacués était dans un état de grande faiblesse, après avoir souffert des privations en raison du siège imposé depuis juin 2012 par les troupes du régime sur la vieille ville de Homs tenue par les rebelles.

Conclue en vertu d'un accord entre régime et rebelles par l'intermédiaire de l'ONU, une trêve a été prolongée jusqu'à mercredi soir pour permettre davantage d'évacuations et d'acheminement d'aides à ceux qui ont choisi de rester dans ces quartiers ruinés par la guerre qui ravage le pays.

"Des civils devront être évacués aujourd'hui de Homs pour la 5e journée consécutive", a indiqué à l'AFP un responsable du Croissant rouge.

Les vidéos diffusées sur les évacuations par des militants ont montré plusieurs dizaines de personnes dont beaucoup d'enfants, traverser à pied lundi une rue dévastée, portant des valises, alors que plusieurs véhicules de l'ONU se dirigent vers eux à toute allure.

Les images traduisent la détresse de ces civils bloqués dans des conditions effroyables pendant de longs mois, se nourrissant à peine d'olives et d'herbes au quotidien.

"On avait faim"

"Grâce à Dieu", lance un homme à la barbe hirsute au militant qui le filme. "On a choisi de sortir car on avait faim".

A l'arrivée des civils au point de passage duquel ils doivent quitter les quartiers rebelles, des hommes qui les accompagnent leur disent "Que Dieu vous vienne en aide", avant de rebrousser chemin.

Les civils évacués sont pris en charge par des volontaires du Croissant rouge dans un centre d'accueil aménagé pour l'occasion. Dans des photos diffusées par l'organisation, on voit une femme et son bébé assis devant une table où sont posées des rations alimentaires et des hommes âgés, les yeux hagards, réconfortés par de volontaires qui leur auscultent la tension artérielle.

Le responsable du Croissant rouge a ajouté que l'équipe de l'ONU et de son organisation tenteraient mardi "d'atteindre des familles dans le quartier (assiégé) de Boustane al-Diwane, où il y a des obstacles logistiques", sans élaborer.

Il a indiqué que les équipes humanitaires n'étaient pas parvenues la veille à faire entrer davantage d'aides à l'intérieur des quartiers assiégés.

Durant le premier round de négociations à Genève, le régime avait accepté le principe d'évacuation de civils, mais exprimé des réserves sur l'entrée d'aides à l'intérieur de ces quartiers tenus selon lui par des "terroristes", en allusion aux rebelles.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a toutefois affirmé à l'AFP avoir fait entrer aux quartiers assiégés, de vendredi à dimanche, 310 paquets de nourriture pour les familles et 1,5 tonnes de farine de blé, "de quoi nourrir 1.550 personnes pendant un mois". Quelque 3.000 personnes étaient assiégées dans la vieille ville avant le début de l'opération humanitaire.

Du surplace à Genève

Celle-ci, la première du genre, a été l'un des principaux dossiers du premier round de négociations tenues à Genève fin janvier et qui s'était soldé par un échec.

Une deuxième session de pourparlers, menés par le médiateur chevronné Lakhdar Brahimi, est en cours à Genève mais les positions du régime de Bachar al-Assad et de l'opposition semblent irréconciliables en vue d'une solution politique au conflit qui a fait plus de 136.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG.

Après un début difficile lundi, les négociations ont repris mardi avec les délégations se retrouvant à la même table avec M. Brahimi qui essaye non sans grande difficulté de sortir du dialogue de sourds qui a caractérisé jusqu'à présent ces négociations.

Il avait vu lundi séparément les deux délégations et avait ensuite renoncé à parler à la presse.

L'opposition a d'ailleurs d'ores et déjà averti qu'elle ne participerait pas à un troisième round si aucun progrès n'était réalisé.

Parallèlement, des tractations se poursuivent à New York pour tenter de persuader Moscou de se rallier à un projet de résolution sur la situation humanitaire en Syrie, mais le le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov l'a jugé "absolument inacceptable".

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