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Syrie: l'évacuation de civils assiégés interrompue à Homs

11/02/2014 10:27 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

L'évacuation de civils assiégés pendant près de deux ans dans la ville syrienne de Homs a été suspendue pour la journée de mardi en raison de difficultés "logistiques", alors qu'"aucun progrès" n'était enregistré dans les négociations de paix à Genève.

Depuis vendredi, au total quelque 1.200 personnes, en grande majorité des enfants, des femmes et des hommes âgés, ont été sortis des quartiers sous contrôle rebelle, selon un bilan du Croissant-Rouge.

La plupart des habitants évacués étaient dans un état de grande faiblesse, à cause surtout d'un manque de nourriture et de médicaments en raison du siège imposé depuis juin 2012 par les forces gouvernementales à la Vieille ville tenue par les rebelles.

Conclue en vertu d'un accord entre régime et rebelles négocié par l'ONU, une trêve en vigueur depuis vendredi a été prolongée jusqu'à mercredi soir pour permettre davantage d'évacuations et l'acheminement d'aides à ceux ayant choisi de rester à Homs (centre).

Mais mardi, le gouverneur de Homs, Talal Barazi, a affirmé à l'AFP que l'opération a été suspendue pour la journée pour des difficultés "logistiques et techniques", assurant qu'elle reprendrait mercredi à 10H00 du matin (08H00 GMT).

"Demain matin, nous poursuivrons l'acheminement des aides alimentaires ainsi que l'évacuation de civils", a-t-il indiqué, précisant que la trêve pourrait être prolongée encore.

"La situation géographique (des quartiers assiégés) est difficile, nous sommes en train d'assurer les passages adéquats en supprimant certaines barrières de sable", a expliqué le gouverneur.

Sur des vidéos diffusées par des militants, on peut voir plusieurs dizaines de personnes dont beaucoup d'enfants, traverser à pied lundi une rue dévastée, portant des valises.

Selon l'Unicef, au moins 500 enfants et 20 femmes enceintes figurent parmi les civils évacués. "Les enfants avaient l'air terrifié, fragiles et le visage émacié", affirme l'Unicef."Les mères étaient angoissées et beacuoup pleuraient".

"On avait faim"

"Grâce à Dieu", lance un homme à la barbe hirsute au militant qui le filme. "On a choisi de sortir car on avait faim".

Les images traduisent la détresse des civils bloqués dans des conditions effroyables pendant de longs mois, se nourrissant à peine d'olives et d'herbes au quotidien.

Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), les hommes évacués sont interrogés par les forces de sécurité syriennes, sous surveillance du HCR.

Les civils évacués sont pris en charge et nourris par des volontaires du Croissant-Rouge dans un centre d'accueil. Dans des photos diffusées par l'organisation, on voit des hommes âgés, les yeux hagards, réconfortés par des volontaires qui leur prend la tension artérielle.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a affirmé à l'AFP avoir fait entrer aux quartiers assiégés, de vendredi à dimanche, 310 paquets de nourriture pour les familles et 1,5 tonnes de farine de blé, "de quoi nourrir 1.550 personnes pendant un mois". Quelque 3.000 personnes étaient assiégées dans la Vieille ville avant le début de l'opération humanitaire.

'Pas de progrès'

L'opération humanitaire, la première du genre, a été l'un des principaux dossiers du premier round de négociations tenues à Genève fin janvier et qui s'est soldé par un échec sur la question de la transition politique.

Une deuxième session de pourparlers, menés par le médiateur chevronné Lakhdar Brahimi, est en cours à Genève mais les positions du régime de Bachar al-Assad et de l'opposition semblent irréconciliables en vue d'une solution politique au conflit qui a fait plus de 136.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG.

"Nous n'accomplissons pas beaucoup de progrès", a affirmé M. Brahimi lors d'une conférence de presse mardi, qualifiant le processus de "laborieux".

M. Brahimi a déclaré "avoir des tonnes de patience" mais a souligné que "le peuple syrien n'a pas cette patience et nous lui devons d'accélérer". Selon lui, l'opération à Homs pourrait être appelée un "succès".

L'opposition a d'ailleurs d'ores et déjà averti qu'elle ne participerait pas à un troisième round si aucun progrès n'était réalisé.

Parallèlement, des tractations se poursuivent à New York pour tenter de persuader Moscou de se rallier à un projet de résolution sur la situation humanitaire en Syrie, mais le le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov l'a jugé "absolument inacceptable".

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