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Porte-avions britanniques: Paris a versé de l'argent à Londres en pure perte (rapport)

11/02/2014 10:35 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

La France a dépensé 200 millions d'euros pour subventionner les porte-avions britanniques dans le cadre d'une coopération avec la Grande-Bretagne dont l'échec était prévisible, a dénoncé mardi l'organisme officiel de contrôle des dépenses publiques, la Cour des comptes.

Paris avait proposé à Londres en 2002 de coopérer sur un projet de porte-avions de l'avenir "en vue de construire deux porte-avions pour la Royal Navy et un pour la Marine nationale française", rappelle la Cour dans son rapport annuel. L'objectif était de dégager des économies d'échelle pour faire face aux contraintes budgétaires.

"Mais dès l'origine, le Royaume-Uni avait clairement fait savoir que ni les caractéristiques, ni le calendrier, ni le projet industriel qu'il menait n'étaient susceptibles d'être adaptés, a souligné le président de la Cour, Didier Migaud, en présentant le rapport. Malgré cela, Paris a signé en 2006 un accord voué à l'échec. Il permettait à la France d'acheter l'accès aux études britanniques, au prix élevé de 103 millions d'euros (112 millions constants 2013) afin de s'en inspirer".

"Cette somme n'a été, in fine, qu'une pure subvention au programme anglais", selon M. Migaud. "D'autres dépenses ont été consacrées à la production d'études inutilisables, portant la dépense à 196 millions d'euros (214 millions d'euros constants 2013). Il peut arriver que des programmes d'armement n'aboutissent pas à des réalisations concrètes, il est en revanche anormal que des sommes aussi importantes aient été engagées alors que l'impasse de la coopération était très largement prévisible", a souligné le président.

Le programme visant à doter la France d'un second porte-avions, pour épauler le Charles-de-Gaulle, a été lancé en 2005 et suspendu en 2008 faute de moyens.

Les navires ne sont jamais opérationnels toute l'année et exigent des périodes d'entretien et de réparation. Deux porte-avions sont ainsi nécessaires si le choix politique est d'en avoir un en mer en permanence.

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