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Libye: attaque aux roquettes contre le siège d'une télévision privée à Tripoli

11/02/2014 06:50 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Le siège de la chaîne de télévision privée Al-Aseema TV a été la cible mardi soir d'une attaque armée, au cours de laquelle trois puissantes explosions ont été entendues, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon une source d'Al-Aseema, trois roquettes RPG ont été tirées sur la bâtiment d'où s'élevait une colonne de fumée. Un gardien aurait été légèrement blessé, selon la même source.

Un journaliste de l'AFP a entendu des tirs aux armes légères autour du bâtiment durant quelques minutes vers 00H30 (10H30 GMT), avant que trois explosions ne secouent le siège de la télévision situé dans le quartier de Gurji près du centre de Tripoli.

Après l'attaque, la chaîne diffusait toujours des programmes enregistrés.

Al-Aseema, connue pour être anti-islamiste et proche des libéraux, avait été déjà la cible d'une attaque en mars 2013.

Un groupe armé avait pris d'assaut le siège de cette télévision, avait saccagé les locaux et avait enlevé le propriétaire et des présentateurs de la chaîne, avant de les libérer successivement plusieurs heures plus tard.

La chaîne est régulièrement critiquée ces derniers jours par les islamistes qui l'accusent d'inciter la population à manifester contre le Congrès général national (CGN, parlement) après sa décision controversée de prolonger son mandat qui devait s'achever initialement le 7 février.

Mercredi dernier, les sièges de deux chaînes privées avaient été pris pour cible par des hommes armés à Benghazi (est), deuxième ville du pays et berceau de la révolte ayant mis fin au régime Kadhafi en 2011, théâtre de plusieurs enlèvements et d'assassinats notamment de journalistes.

Début décembre, le directeur et propriétaire d'une radio privée avait été tué par des inconnus dans des circonstances toujours non élucidées.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a condamné à plusieurs reprises les attaques ciblant les journalistes en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, appelant les autorités à les protéger.

RSF avait fait état "de menaces graves de la part de milices à l'encontre de journalistes, largement à Benghazi, mais aussi à Tripoli et dans d'autres villes du pays".

Lundi soir, un journaliste de l'agence libyenne Lana avait été enlevé par des hommes armés à Tripoli, avant d'être libérés plusieurs heures plus tard.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, les autorités de transition se montrent incapables de rétablir l'ordre et la sécurité dans un pays en proie à l'anarchie et aux violences meurtrières.

ila/jr

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