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Le village natal du naufragé du Pacifique prépare les retrouvailles

11/02/2014 11:22 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Le naufragé José Salvador Alvarenga, qui affirme avoir survécu un an à la dérive dans le Pacifique, est attendu avec impatience dans son village natal de Garita Palmera, sur la côte salvadorienne, où proches et voisins attendent le récit de sa fabuleuse odyssée.

"Biemvenue (sic) à la maison", peut-on lire sur une pancarte dessinée au feutre bleu que sa famille va afficher sur les murs de son modeste logement dans ce petit village à 120 kilomètres au sud-ouest de la capitale, San Salvador.

Sa fille, Fatima, 14 ans, a travaillé jusqu'à la nuit lundi soir pour gonfler des ballons et décorer la petite maison de briques peinte en vert dans une rue poussiéreuse, à 500 mètres de la plage.

"C'est une joie pour nous tous", déclare à l'AFP le père du rescapé, Ricardo Orellana, qui a reçu ces derniers jours de nombreux journalistes.

Son épouse, Maria Julia Alvarenga, mère du naufragé, reste loin des caméras et des micros ces derniers jours, en raison d'une santé fragile, souffrant de diabète.

"Nous préparons mon épouse, pour que lorsqu'elle verra José, elle ne se sente pas mal, déjà que j'ai dû l'emmener à l'hôpital parce que son état s'est aggravé", raconte Ricardo.

Tous ses proches pensaient José mort depuis des mois.

Au cours de la nuit, la famille a également décoré l'entrée de la maison de feuilles et branches de palmier, une coutume dans les campagnes salvadoriennes pour célébrer les grands événements.

Selon son récit, José Alvarenga, 37 ans, était sorti pour pêcher le requin en décembre 2012 depuis un port de la côte Pacifique mexicaine, et s'est perdu, dérivant 13 mois sur 12.500 kilomètres avant d'apparaître le 30 janvier aux îles Marshall.

Il affirme avoir survécu, à la différence de son compagnon d'infortune, Ezequiel, âgé de 24 ans, en se nourrissant d'oiseaux, de poissons et en buvant son urine ainsi que du sang de tortue.

A Garita Palmera, ses voisins, qui ne sont informés que par la presse, se montrent de plus en plus curieux.

Rosa Contreras, 21 ans, pédale doucement sur son vélo à proximité de la maison familiale et observe l'agitation, provoquée surtout par l'afflux de journalistes, équipés de caméras, de magnétophones, d'ordinateurs et d'antennes satellitaires.

"Ca rend curieux, tous ces mouvements, ils disent que le blondinet revient", lance-t-elle dans un sourire à l'AFP, faisant allusion au surnom d'enfance de José.

Comme Rosa, d'autres voisins viennent à vélo, un moyen de locomotion très commun dans le village, rôder autour de la maison du pêcheur.

Dans ce village vivant de la pêche et du tourisme, beaucoup ont suivi de près les comptes rendus du périple de José.

Manuel Antonio Paz, 33 ans, un robuste pêcheur à la peau brûlée par le soleil, a connu José depuis l'enfance.

"Ce type a toujours été sympa, il aimait aller pêcher et c'est pour ça que je n'ai aucun doute qu'il ait réussi à survivre tout ce temps en mer", affirme-t-il.

Quelques jeunes gens, pêcheurs novices, disent qu'ils aimeraient bien que le héros leur raconte de sa propre bouche comment il est parvenu à survivre aussi longtemps dans l'océan.

"J'aimerais qu'il vienne s'asseoir avec nous ici, sur la plage, et nous raconte cette aventure, parce que pour nous qui sommes plus jeunes, ça pourrait nous servir à apprendre à survivre", affirme Tomas Leiva, 17 ans, en enroulant un filet de pêche.

Le rescapé, dont le récit laisse toutefois dubitatif certains spécialistes de la survie en isolement, a quitté lundi soir les îles Marshall avant de faire escale à Hawaï.

Après une nouvelle escale à Los Angeles, il est attendu autour de 19h00 heure locale mardi (01h00 GMT mercredi) à San Salvador, selon les autorités locales.

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