POLITIQUE

La sortie de Henri-François Gautrin assombrit la rentrée parlementaire de Philippe Couillard (VIDÉO)

11/02/2014 03:16 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - La rentrée parlementaire du chef libéral Philippe Couillard a été assombrie, mardi, par la sortie d'un de ses députés qui, la veille, prédisait la probable défaite des libéraux en cas d'élections hâtives.

M. Couillard a fait ses premiers pas dans les chaussures de chef de l'opposition officielle au moment où l'Assemblée nationale connaît une intense fébrilité préélectorale. D'entrée de jeu, sa première question à la première ministre Pauline Marois visait à savoir si elle allait s'engager à déposer un budget avant de déclencher des élections.

La première ministre n'a pas écarté le scénario d'élections printanières, tout en disant qu'il n'y avait pas «d'élections prévues dans les jours qui viennent, ni dans les semaines qui viennent».

Malgré l'insistance du chef de l'opposition officielle, Mme Marois ne s'est pas engagée à déposer un budget avant de lancer l'appel aux urnes, tout en confirmant que le ministère des Finances s'attelait à la tâche d'en préparer un. Une rumeur circule voulant que Québec dépose son budget le jeudi 20 février.

Avant de se présenter en Chambre pour la reprise de la session, M. Couillard a dit en point de presse qu'il était fin prêt à mener la bataille parlementaire, en prévision du déclenchement éventuel d'élections générales à court terme.

Il n'a pas voulu commenter les déclarations, la veille, du député libéral de Verdun, Henri-François Gautrin, qui affirmait à La Presse Canadienne que le scénario le plus probable était la réélection d'un gouvernement péquiste, majoritaire ou minoritaire, si des élections avaient lieu ce printemps.

La page est tournée et «ce dossier-là est clos», a dit le chef libéral, qui s'est expliqué avec son député et ne voulait pas s'étendre sur le sujet, tandis que plusieurs députés libéraux étaient eux aussi visiblement mal à l'aise de commenter la sortie de leur collègue de Verdun.

M. Couillard assure que son caucus «est très uni» et il a prédit l'élection d'un «gouvernement libéral majoritaire», lors des prochaines élections, réaffirmant son intention de miser sur l'économie, la création d'emplois et la situation des finances publiques pour gagner la faveur populaire.

Le principal intéressé était présent au caucus. Interrogé par les journalistes, M. Gautrin a confirmé les propos qu'il avait tenus la veille. «Je n'ai pas été mal cité», a-t-il dit, expliquant que ses déclarations de la veille valaient dans l'hypothèse où «le vote avait lieu aujourd'hui». Il a ajouté qu'au terme d'une campagne électorale, il était confiant de voir les libéraux prendre le pouvoir, tandis qu'une collègue libérale tentait de le tirer par le bras pour mettre fin au point de presse.

Un reporter a demandé à M. Gautrin s'il était sobre au moment de l'entrevue. «Totalement, c'était le matin à 8 heures», a-t-il répondu, sèchement. Or, l'entrevue a été effectuée sur l'heure du midi.

Philippe Couillard doit démontrer «s'il est vraiment le chef du Parti libéral», a commenté de son côté le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée. «On n'a pas deux chances de faire une première impression, donc la semaine est importante pour lui», a-t-il ajouté, en point de presse.

«M. Couillard a de la difficulté à asseoir son autorité sur le parti», conclut le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

Plusieurs sujets ont été abordés durant la période de questions (querelle de chiffres autour de la création d'emplois, régime de redevances minières, hausses des tarifs d'Hydro-Québec). Un grand absent: la charte de la laïcité, qui a pourtant été au coeur de l'actualité politique depuis des mois.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a dit en point de presse que son parti était le seul à prendre la défense des contribuables, qualifiant le Parti libéral et le Parti québécois de vieux partis interchangeables.

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