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JO-2014 - Une radio russe contrainte de s'expliquer pour une allusion aux jeux d'Hitler

11/02/2014 08:44 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

La radio russe Echo de Moscou a été contrainte de s'expliquer mardi, mise en cause pour une possible comparaison faite sur son site internet entre les JO de Sotchi et ceux de 1936 dans l'Allemagne hitlérienne.

Réagissant à un texte placé sur un blog hébergé par le site internet de cette radio, l'un des rares médias critiques du Kremlin, l'influent vice-président de la Douma (chambre basse) et chef du groupe parlementaire du parti au pouvoir Russie unie, Vladimir Vassiliev, a exigé des excuses.

"Il y a eu sur Echo de Moscou une information pour laquelle, il me semble, il va falloir s'excuser", a déclaré M. Vassiliev, un ancien haut responsable policier, dans des propos repris par les agences russes.

Dans son blog hébergé par le site d'Echo de Moscou, dont il est l'employé, l'humoriste et chroniqueur Viktor Chenderovitch a fait part des sentiments mitigés que lui inspiraient les jeux Olympiques d'hiver, organisés à Sotchi à l'initiative du président Vladimir Poutine.

"Comme j'aime cette fillette sur ses patins à glace!", a-t-il écrit, évoquant Julia Lipnitskaïa, médaille d'or à 15 ans sur la glace de Sotchi dimanche.

"Mais si vous saviez comme plaisait aux Berlinois, à l'été 1936, le lanceur de poids Hans Woellke (...), un beau gars souriant qui symbolisait la jeunesse de l'Allemagne nouvelle", a-t-il ajouté.

M. Vassiliev a qualifié cette comparaison de "fasciste" et considéré qu'elle constituait une "insulte aux vétérans" qui ont combattu l'Allemagne nazie lors de la seconde guerre mondiale, selon l'agence Itar-Tass.

L'auteur du blog, Viktor Chenderovitch, a exclu de présenter des excuses.

"Mon texte a été lu par environ 200.000 personnes. Il y a parmi elles, je suppose, une quantité énorme de gens qui sont, comme moi, les enfants et les petits enfants de ceux qui ont fait la guerre. Mais seul le chef du groupe parlementaire de Russie unie s'est senti offensé", a-t-il déclaré à Interfax.

Le rédacteur en chef de la radio, Alexeï Venediktov, a lui aussi refusé de présenter des excuses, soulignant que les propos incriminés n'avaient pas été prononcés à l'antenne.

"Monsieur Chenderovitch a exercé son droit de libre expression, conformément à la Constitution", a-t-il déclaré à l'agence Interfax, ajoutant avoir "lu attentivement" le texte et y avoir trouvé au contraire une inspiration "antifasciste".

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