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Iran: les opposants Karoubi et Moussavi pas libérés sans s'être repentis

11/02/2014 07:41 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Les deux opposants iraniens Mehdi Karoubi et Mir Hossein Moussavi, en résidence surveillée depuis février 2011, ne seront pas libérés s'ils ne se repentent pas, a déclaré un responsable judiciaire cité mardi par l'agence Fars.

"Des gens tentent inutilement d'obtenir la levée de la mesure de résidence surveillée (de MM. Karoubi et Moussavi) car tant que ces personnes ne se seront pas repenties, rien ne se passera", a déclaré Gholamhossein Mohseni-Ejeie, procureur général et porte-parole de l'autorité judiciaire.

Plusieurs membres du gouvernement ont affirmé ces derniers mois qu'ils tentaient d'obtenir une levée de la mesure contre les deux opposants.

Début février, M. Karoubi a été transféré d'une résidence de l'Etat à son domicile personnel, ce qui avait fait croire à un assouplissement des conditions de sa résidence surveillée. Certains proches de l'opposant ont également affirmé qu'il pourrait être gracié avant la fin de l'année iranienne, le 20 mars.

Mehdi Karoubi et Mir Hossein Moussavi, candidats réformateurs à la présidentielle de 2009, avaient dénoncé des fraudes massives lors du scrutin et appelé leurs partisans à descendre dans la rue pour contester la réélection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

La répression du mouvement avait fait des dizaine de morts et plusieurs milliers de personnes avaient été emprisonnées.

"Les dirigeants du complot (terme utilisé pour désigner le mouvement de contestation) ont provoqué des tumultes dans le pays, des biens ont été détruits et des personnes ont été tuées (...). Ce crime est une grande trahison", a affirmé M. Mohseni-Ejeie.

"Ils disent qu'ils refusent de se repentir, ce n'est pas une fierté", a-t-il ajouté.

Le sort des deux responsables politiques est revenu dans les débats après l'élection en juin du président Hassan Rohani. Ce religieux élu grâce aux camps réformateur et modéré souhaite une libéralisation politique et culturelle, selon le porte-parole du gouvernement.

Selon le site d'opposition Kaleme.com, huit prisonniers d'opinion ont été libérés lundi soir, peu avant la fin de leur peine. Ils avaient été condamnés à un à trois ans de prison pour leur participation à la contestation de 2009.

Les autorités ont libéré ces derniers mois au moins une quinzaine de prisonniers d'opinion, en particulier l'avocate des droits de l'Homme Nasrin Sotoudeh.

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