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GB: les victimes des inondations en colère face à l'aide insuffisante

11/02/2014 10:03 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Les eaux et la colère continuaient de monter mardi à Datchet, un village en bordure de Tamise, aux portes de Londres: les habitants épaulés par quelques volontaires dont un pilote de bateau-taxi y dénonçaient vertement l'aide insuffisante de l'Etat.

Dans ce village pittoresque situé à moins de deux kilomètres du prestigieux lycée d'Eton où le Premier ministre David Cameron et le maire de Londres Boris Johnson notamment ont étudié, les habitants étaient particulièrement remontés.

"C'est vraiment pathétique. Il n'y a eu aucune réponse appropriée", affirmait Yvonne Marks, 62 ans, tout en observant la montée des eaux de la Tamise dans la pluie et le vent.

"Il manque des sacs de sable et ceux qu'ils ont livré n'ont pas vraiment fait de différence", ajoutait-elle.

Le village s'organisait donc en comptant sur ses propres forces, réduites à David Cannon, un chef scout de 52 ans et à quelques autres volontaires.

"Mes services sont très populaires en ce moment", confiait ainsi à l'AFP David Cannon, sous une pluie battante, après avoir transporté dans son canoë rouge un habitant.

"Nous avons conduit des enfants à l'école et apporté des sacs de sable là où ils étaient nécessaires", disait-il, jugeant la réaction des autorités britanniques "très désorganisée".

"Ils ont fourni hier des sacs de sable et des militaires étaient présents ici la nuit dernière mais il n'y a rien eu depuis", déplorait-il.

Dans le centre du village, situé à quelques kilomètres de l'aéroport de Heathrow et du château de Windsor, l'une des principales résidences de la reine Elizabeth II, l'eau arrivait à hauteur de genoux.

La situation était pire dans le village voisin de Wraysbury, où Su Burrows a acquis une notoriété soudaine en passant en boucle sur les télévisions d'informations en continu pour avoir pris à parti le ministre de la Défense Philip Hammond, en visite sur place.

Elle a confié à l'AFP que son intervention semblait avoir porté ses fruits puisque depuis 2.000 sacs de sable avaient été livrés dans le village.

Néanmoins, elle continuait de juger "catastrophique et inexistante" la réponse officielle des autorités avant sa confrontation.

"Je ne veux pas qu'on pense que je suis en colère pour rien, il a fallu cette confrontation pour les faire venir", a-t-elle dit.

Elle a estimé que le gouvernement devrait capitaliser sur le "Blitz spirit" adopté par la communauté en cette période de crise, en référence à l'état d'esprit d'entraide qui animait les Britanniques pendant les bombardements nazis de la Seconde guerre mondiale.

Des volontaires coordonnent ainsi la fermeture de rues à Wraysbury, afin de tenir à bonne distance d'éventuels pillards et d'éviter à des automobilistes de se retrouver coincés dans des rues inondées.

Ils appellent également les services d'urgence pour signaler toute personne en détresse et ont mis en place un QG dans une école locale pour suivre l'évolution des inondations.

"Il y a de la colère et de la frustration mais il y a aussi un esprit d'entraide comme vous n'avez jamais vu", a affirmé Su Burrows.

"Il pleut des cordes et il fait un froid glacial mais il y a des volontaires partout", s'est-elle félicitée.

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