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Centrafrique: Ban craint une partition du pays en raison des violences sectaires

11/02/2014 05:13 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a estimé mardi que l'éclatement de la République centrafricaine (RCA) était tout à fait possible étant donné l'animosité entre chrétiens et musulmans.

"La brutalité sectaire est en train de changer la démographie du pays, la partition de facto de la RCA est un risque avéré", a-t-il déclaré à un groupe de journalistes.

"Nous devons faire davantage pour prévenir de nouvelles atrocités, protéger les civils, rétablir l'ordre, fournir l'aide humanitaire et maintenir l'unité du pays", a-t-il affirmé.

Comme il l'avait fait dans un entretien téléphonique lundi avec le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, M. Ban a demandé à la France "d'envisager de déployer des troupes supplémentaires".

Il souhaite aussi que l'Union européenne "accélère le déploiement de son opération militaire" prévue en RCA. La Misca (force de l'Union africaine en RCA) compte actuellement environ 5.400 hommes sur les 6.000 prévus et les soldats français sont au nombre de 1.600. L'Union européenne a de son côté promis de déployer environ 500 soldats à Bangui au début du mois de mars.

Le secrétaire général a indiqué s'être entretenu mardi avec la présidente de RCA Catherine Samba-Panza et la présidente de l'Union africaine Nkosazana Dlamini Zuma. Il devait aussi rappeler M. Fabius mardi soir "pour poursuivre nos discussions", a-t-il dit.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix Edmond Mulet doit se rendre cette semaine en RCA pour discuter avec l'Union africaine de la transformation éventuelle de la Misca en une opération de l'ONU, a encore annoncé M. Ban. "Mais même si cette transformation apparaît de plus en plus nécessaire, elle prendra du temps", a-t-il averti, et il faut entretemps renforcer le dispositif sur le terrain.

Alors que "la situation continue de se détériorer" en RCA, la réponse internationale à cette crise "n'est pas à la hauteur de la gravité de la situation", a jugé M. Ban. La réaction internationale doit être "énergique, avec un déploiement de force crédible, cohérent et rapide", a-t-il affirmé.

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