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Au Nigeria, onze sénateurs du parti présidentiel empêchés de rejoindre l'opposition

11/02/2014 12:19 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Au Nigeria, onze sénateurs ont été empêchés mardi par le président du Sénat de quitter le parti au pouvoir pour rejoindre le principal parti d'opposition, celui-ci invoquant un procès en cours qui empêche un tel transfert.

David Mark, un poids lourd du parti démocratique populaire (PDP) du président Goodluck Jonathan, qui dirige la chambre haute du parlement, fait pression sur les onze sénateurs depuis qu'ils ont annoncé leur décision de rejoindre l'opposition le 29 janvier.

Le président Jonathan fait face à une crise majeure au sein de son propre camps, de nombreuses défections parmi les députés lui ayant déjà fait perdre la majorité à la chambre basse du parlement, au profit du parti des congressistes (APC).

Le PDP a décidé de contester la défection des onze sénateurs devant les tribunaux, faisant valoir que cela va à l'encontre du souhait des citoyens qui les ont élu.

"L'affaire est devant les tribunaux, nous ne pouvons donc pas l'évoquer", a déclaré M. Mark, interrompant un des onze sénateurs qui souhaitait rejoindre l'opposition de façon formelle.

Le reste du groupe, qui s'est alors levé pour exiger que leur ralliement à l'opposition soit reconnu officiellement, a été sommé de se taire par M. Mark.

Si la défection des sénateurs est autorisée, le PDP maintiendra sa majorité au Sénat, qui compte 109 sièges, avec 62 sièges au lieu de 73, alors que l'APC verra le nombre de ses sénateurs grimper à 44.

Selon les observateurs, la crise interne du PDP est liée à la présidentielle de février 2015.

La volonté de se représenter prêtée au président Jonathan attise les tensions, même s'il n'a pas encore dit publiquement s'il va ou non briguer un autre mandat de quatre ans.

Si M. Jonathan, un chrétien du sud du pays, vainqueur de la présidentielle de 2011, se représentait, il violerait une règle tacite du PDP voulant que ce soit au tour d'un musulman du Nord de se porter candidat.

Neuf des 11 sénateurs souhaitant rejoindre l'opposition sont des musulmans originaires d'Etats du nord du pays. Deux signataires sont des chrétiens de l'Etat pétrolifère de Rivers, dans le Sud.

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