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Syrie: évacuation de centaines de civils assiégés à Homs, dialogue de sourds à Genève

10/02/2014 02:29 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Quelque 460 civils ont été évacués lundi par l'ONU des quartiers assiégés de la ville syrienne de Homs, portant à 1.200 le nombre d'habitants évacués en quatre jours, au moment où des négociations reprenaient à Genève entre régime et opposition, sans aucune avancée.

A Homs (centre), l'opération humanitaire a été rendue possible grâce à une trêve négociée par l'ONU entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles. Plusieurs fois violée, la trêve humanitaire en vigueur depuis vendredi a été prolongée jusqu'à mercredi soir, ont indiqué lundi les Nations unies.

"Quatre cents soixante civils, la plupart étant des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été évacués des quartiers de Homs aujourd'hui (lundi)", a annoncé le gouverneur Talal al-Barazi cité par l'agence de presse officielle SANA.

Ces dernières évacuations portent à quelque 1.200 le nombre de personnes ayant pu quitter les quartiers tenus par les rebelles assiégés depuis juin 2012 par l'armée. La plupart étaient très affaiblies par le manque de nourriture, d'eau et de médicaments.

Le processus a été émaillé par des tirs et bombardements ayant fait 14 morts entre vendredi et dimanche.

'On manquait de tout'

Des images diffusées par la chaîne Al-Mayadeen, basée à Beyrouth, ont montré des enfants au visage pâle les yeux très cernés, portés par leur mère ou leur père.

"On manquait de tout, tous les enfants étaient malades, on n'avait même pas de quoi boire", a affirmé une femme montrant des signes d'extrême fatigue, entourée de ses trois enfants.

"Il n'y avait pas de quoi manger", a commenté un homme, les cheveux hirsutes, alors que les habitants ont été réduits pendant des mois à se nourrir d'olives et d'herbes.

Se félicitant de la prolongation de la trêve à Homs, la patronne des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos a souhaité que les négociateurs à Genève "se mettent d'accord sur une livraison à long terme de l'aide aux 250.000 civils dans les communautés assiégées en Syrie", où le conflit a fait plus de 136.000 morts et des millions de réfugiés et de déplacés en près de trois ans.

Dans le camp de Yarmouk, près de Damas, où quelque 20.000 Syriens et réfugiés palestiniens vivent sous le siège de l'armée depuis juin 2013, une opération humanitaire a ainsi dû être suspendue en raison de combats. L'ONU a dit espérer sa reprise prochainement.

Le régime a par ailleurs accusé les rebelles d'avoir empêché le Croissant-Rouge de fournir nourriture et médicaments dans la prison centrale d'Alep (nord) pour le quatrième jour, provoquant "la mort de 20 détenus", selon la télévision syrienne.

Pas de progrès à Genève

En Suisse, les délégations du régime et de l'opposition ont été reçues successivement par le médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi, qui a renoncé à une conférence de presse visiblement en raison de l'absence de progrès.

M. Brahimi aura une réunion vendredi avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov et la secrétaire d'État adjointe américaine Wendy Sherman, a annoncé sa porte-parole, après que Moscou a proposé que diplomates russes et américains participent à une rencontre avec les deux délégations syriennes.

Lundi, chaque camp campait sur ses positions perpétuant le dialogue de sourds qui avait marqué l'essentiel de la première session en janvier.

Selon un document en arabe circulant à Genève, M. Brahimi propose de traiter "en parallèle" la question de l'arrêt de la violence et du terrorisme, "priorité" pour le gouvernement, et celle de l'autorité gouvernementale de transition, "préalable" pour l'opposition.

D'autre part, des tractations se poursuivaient lundi à New York pour persuader Moscou de se rallier à un projet de résolution sur la situation humanitaire en Syrie, ont indiqué des diplomates.

Une réunion informelle avait lieu lundi sur ce texte. Les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité devaient y assister, "mais les Russes ne sont pas venus", a indiqué un diplomate. Le représentant chinois était également absent.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine avait récemment affirmé que Moscou considérait un tel projet comme contre-productif préférant une "approche pragmatique", c'est-à-dire des accords locaux comme celui de Homs.

Sur un autre plan, un troisième chargement d'agents chimiques a été évacué lundi en vue de sa destruction, a annoncé la mission conjointe ONU-Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui a "encouragé la Syrie à accélérer le transport d'agents chimiques".

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