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Syrie: l'ONU s'apprête à mener de nouvelles évacuations à Homs

10/02/2014 08:37 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Les opérations d'évacuation de la population assiégée dans la vieille ville de Homs depuis près de deux ans doivent se poursuivre lundi pour la quatrième journée, en dépit de tirs de mortier qui ont tué cinq personnes la veille.

Dimanche, plusieurs centaines de civils syriens, en état de grande fatigue, avaient été sortis par l'ONU des quartiers rebelles de Homs, malgré les violences qui ont perturbé cette première opération humanitaire du genre depuis juin 2012 dans cette ville dévastée

Cet effort humanitaire se poursuit alors que des pourparlers ont repris lundi à Genève entre régime et opposition sous l'égide de l'ONU, dont le premier round n'avait permis aucune avancée en vue d'un règlement du conflit qui a fait plus de 136.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés en près de trois ans.

Depuis vendredi, près de 700 personnes, notamment des femmes, des enfants et des hommes âgés, ont été évacués par l'ONU et le Croissant rouge, aux termes d'un accord conclu entre rebelles et régime par l'intermédiaire des Nations unies.

La majorité des civils sont sortis très affaiblis, ayant manqué de nourriture, d'eau et de médicaments pendant des mois en raison du siège étouffant imposé par l'armée sur les secteurs rebelles de la ville.

Lundi, le gouverneur de Homs, Talal Barazi, était en discussion avec l'ONU en vue de nouvelles évacuations et ce après la prorogation de la trêve.

M. Barazi et le représentant de l'ONU en Syrie Yaacoub Helou ont évoqué lors d'un entretien "les possibilités d'évacuer davantage de civils de tous les quartiers (assiégés) du vieux Homs, notamment ceux de Hamidiyé et de Boustane al-Diwane", selon l'agence officielle Sana.

"En principe, le cessez-le-feu a été prolongé, et nous allons tenter de faire sortir les civils dès que possible", a indiqué de son côté un responsable du Croissant rouge.

Selon les militants, la trêve humanitaire de trois jours qui était censée se terminer dimanche soir a été prolongée de 72 heures.

L'opération a été perturbée par une chute d'obus sur les quartiers vendredi et dimanche, tuant 12 personnes, dont deux rebelles, selon un nouveau bilan de l'OSDH. Régime et insurgés se sont accusés mutuellement de ces violences.

'On manquait de tout'

Sur des images diffusées par la chaîne Al-Mayadeen, basée à Beyrouth, sont apparus des enfants au visage pâle, certains les yeux très cernés, portés par leur mère ou leur père.

"On manquait de tout, tous les enfants étaient malades, on n'avait même pas de quoi boire", a affirmé une femme montrant des signes d'extrême fatigue, entourée de ses trois enfants, l'air hébété.

"C'était dramatique, il n'y avait pas de quoi manger", a commenté un homme, les cheveux hirsutes, alors que les habitants ont été réduits pendant des mois à se nourrir d'olives et d'herbes.

Après les tirs, l'ONU a dénoncé la violation de la trêve après que des tirs de balles et d'obus ont fait cinq morts samedi et sept autres dont deux rebelles, dimanche.

Malgré les attaques, le Croissant rouge est parvenu à distribuer 250 paquets de nourriture, 190 kits hygiéniques et des médicaments pour malades chorniques, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

L'organisation a condamné les tirs, sans accuser aucune partie, affirmant qu'il était "vital pour toutes les parties de faciliter le travail humanitaire".

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