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Pakistan/dialogue: les talibans posent leurs conditions

10/02/2014 02:04 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

Les talibans pakistanais on exigé lundi la libération de leurs prisonniers et le retrait des forces armées de leurs fiefs des zones tribales afin d'aller de l'avant dans les pourparlers de paix avec le gouvernement d'Islamabad.

Ces conditions semblent a priori irréalistes pour les autorités pakistanaises qui avaient déjà refusé l'an dernier d'acquiescer à pareilles demandes des insurgés islamistes.

Ces demandes interviennent après une rencontre ce weekend entre l'équipe de négociateurs des talibans et le commandement central des insurgés du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), regroupement de factions islamistes armées, au Waziristan du Nord, zone tribale près de la frontière afghane.

Les négociateurs sont rentrés lundi avant-midi dans la capitale Islamabad à bord d'un hélicoptère des autorités pakistanaises qui ont relancé à la surprise générale fin janvier le processus de paix avec les talibans après une série d'attaques meurtrières.

Au cours de cet entretien, les insurgés ont dit à leurs négociateurs que le retrait des forces armées des zones tribales et la libération de leurs milliers de prisonniers étaient un "test" afin d'aller de l'avant dans les pourparlers de paix qui ont débuté jeudi dernier, a indiqué à l'AFP un commandant taliban sous couvert de l'anonymat.

"Il s'agit pour l'instant du premier round de discussions, nos négociateurs vont rencontrer ceux du gouvernement pour leur faire part de nos demandes, puis ils vont revenir vers nous avec la réponse" des autorités, a souligné ce cadre de la rébellion.

Les insurgés ont aussi fait état de leurs autres demandes afin d'en arriver à un accord de paix au terme de négociations avec les autorités qui laissent la presse pakistanaise sceptique.

Les rebelles demandent aussi l'imposition de la loi islamique (charia) et la fin des tirs de drones américains dans leurs bastions des zones tribales, qui servent de base arrière aux talibans afghans pour leurs opérations contre l'Otan et les forces locales en Afghanistan voisin.

S'ils n'ont pas mis fin à ces bombardements controversés, les États-Unis ont ces derniers mois réduit le nombre de ces attaques.

En janvier, Washington n'a ainsi mené aucune attaque de drone dans les zones tribales, une première pour un mois calendaire depuis plus de deux ans selon le Bureau of Investigative Journalism, un organisme de recherche britannique indépendant, ce qui pourrait favoriser le dialogue entre les insurgés et le gouvernement pakistanais.

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