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Pakistan: un militant anti-drone arrêté avant son voyage en Europe (avocat)

10/02/2014 10:26 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Un militant anti-drone pakistanais de premier plan a été enlevé chez lui la semaine dernière alors qu'il devait partir en Europe rencontrer des parlementaires, a annoncé lundi son avocat en dénonçant une arrestation par les services secrets.

Karim Khan, dont le fils et le frère ont été tués par un drone américain en décembre 2009, fut le tout premier Pakistanais à porter plainte pour meurtre dans le cadre des bombardements de Washington dans le nord-ouest du pays.

Ces tirs visant les rebelles talibans et leurs alliés d'Al-Qaïda sont officiellement critiqués par les autorités pakistanaises mais des témoignages officieux et documents récemment rendus publics ont attesté de la complicité d'Islamabad avec les États-Unis dans ce programme controversé.

Tôt mercredi dernier, entre "15 et 20 hommes" vêtus en civil ou portant un uniforme de police ont interpellé M. Khan à sa résidence de Rawalpindi, ville voisine d'Islamabad, a indiqué dans un communiqué son avocat M. Shahzad Akbar.

"Malgré de nombreuses demandes à la police pakistanaise, sa famille ne sait toujours pas où il est et pourquoi il est détenu", a-t-il ajouté, précisant que M. Khan devait se rendre le samedi suivant en Europe pour discuter des frappes de drones américaines sur le sol pakistanais avec des parlementaires en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

Interrogée par l'AFP, la police de Rawalpindi a démenti avoir arrêté Karim Khan. "Nous n'avons aucune trace d'une opération cette nuit là", a déclaré un porte-parole de la police, Muhammad Latif, ajoutant qu'une enquête était en cours.

Depuis 2008, au moins 2.155 personnes ont été tuées par des drones américains dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, frontalières de l'Afghanistan et principal bastion d'Al-Qaïda dans la région, selon un décompte de l'AFP.

La disparition de M. Khan intervient de plus à quelques jours d'une audience à la haute cour d'Islamabad dans son procès contre les forces pakistanaises qu'il accuse de complicité dans la mort de son fils Zahinullah et de son frère Asif Iqbal.

S'ils n'ont pas mis fin à ces bombardements, les États-Unis ont ces derniers mois réduit largement leur nombre, notamment pour favoriser l'actuelle tentative de dialogue entre les talibans pakistanais et le gouvernement d'Islamabad selon certaines sources américaines.

En janvier dernier, Washington n'a ainsi mené aucune attaque de drone dans les zones tribales, une première pour un mois calendaire depuis plus de deux ans selon le Bureau of investigative Journalism, un organisme de recherche britannique indépendant.

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