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L'Iran célèbre 35 ans de révolution islamique en faisant front commun contre l'ennemi américain

10/02/2014 10:00 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Les autorités iraniennes fêtent mardi le 35e anniversaire de la révolution islamique marqué par des avancées dans les négociations nucléaires avec les grandes puissances, dont l'ennemi historique américain avec qui une normalisation des relations diplomatiques reste pour beaucoup un tabou.

La journée du 11 février, le 22 Bahman dans le calendrier iranien, est l'occasion de défilés hauts en couleur dans tout le pays. Le président Hassan Rohani, élu en juin 2013 avec les voix des camps modéré et réformateur face à plusieurs candidats conservateurs, doit également faire un discours à Téhéran.

Depuis son élection, le président Rohani a entamé une politique de rapprochement avec la communauté internationale, avec pour but de mettre fin aux sanctions occidentales décrétées contre Téhéran en raison de son programme nucléaire controversé.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent depuis une décennie l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert de programme civil, ce que Téhéran nie farouchement.

La reprise des négociations avec le groupe 5+1 (Chine, Etat-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), bloquée depuis plusieurs années, a connu un premier succès en novembre avec la conclusion d'un accord de six mois sur un gel de certaines activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée partielle des sanctions qui étranglent son économie.

Les discussions sur un accord global doivent reprendre le 18 février à Vienne.

Le président Rohani a affirmé lundi que l'Iran était "sérieux" dans sa volonté de "parvenir à un accord global et final".

Hassan Rohani bénéficie du soutien du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, pour mener ces négociations à travers son charismatique chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif.

Ce soutien a permis au gouvernement d'engager le dialogue avec l'Ouest malgré les critiques de plus en plus fortes des conservateurs. Ils estiment trop importantes les concessions faites aux Occidentaux et dénoncent les rencontres trop nombreuses à leurs yeux de M. Zarif avec des responsables américains.

Deux missiles testés

Mais pour l'Iran, il n'est encore pas question de renouer des relations diplomatiques avec le "Grand Satan", rompues en 1980 après la prise d'otages par des étudiants islamistes de l'ambassade américaine à Téhéran.

L'ambassadeur suisse, dont le pays représente les intérêts américains en Iran, a été convoqué lundi soir au ministère des Affaires étrangères après de nouvelles sanctions américaines contre des individus et entreprises soupçonnés de contourner les sanctions occidentales et de soutenir des réseaux terroristes.

Plus tôt, M. Zarif avait annoncé que les prochaines négociations seraient difficiles, notamment en raison du "manque de confiance" de l'Iran dans les Etats-Unis.

Et samedi, l'ayatollah Khamenei a accusé les responsables américains de "mentir" lorsqu'ils assurent ne pas vouloir de changement de régime en Iran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit se rendre aux Etats-Unis début mars pour discuter "des moyens d'empêcher l'Iran de produire des armes nucléaires", a annoncé lundi son bureau.

En prélude aux festivités de cette année, l'Iran a annoncé le lancement réussi de deux nouveaux missiles de nouvelle génération "avec une très grande capacité de destruction", selon le ministre iranien de la Défense Hossein Dehgan.

L'Iran assure que son arsenal est uniquement dédié à la défense de ses frontières.

Mais son programme balistique, qui comprend des missiles d'une portée de 2.000 kilomètres capables d'atteindre Israël, inquiète les pays occidentaux. Il est sous le coup de plusieurs condamnations du Conseil de sécurité de l'ONU.

La sous-secrétaire d'Etat Wendy Sherman a récemment déclaré que la question du programme balistique de l'Iran devait être abordée lors des prochaines discussions avec les grandes puissances.

Mais l'Iran a rejeté net une telle possibilité en soulignant que "les questions touchant la défense de l'Iran ne sont pas négociables".

L'Iran a également annoncé samedi qu'une flottille de deux navires actuellement au large des côtes sud-africaines se rapprochait des frontières maritimes américaines, sans préciser lesquelles, en réponse à la présence de la Ve Flotte de l'US Navy dans le Golfe persique.

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