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Les cinq raisons favorisant l'optimisme à la reprise des négociations à Chypre

10/02/2014 10:00 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Les dirigeants chypriote-grec et chypriote-turc se rencontrent mardi pour relancer les négociations en vue d'une réunification de l'île divisée depuis 1974, après deux ans de suspension.

Malgré le rejet par référendum d'un premier accord par les Chypriotes-grecs en 2004, puis d'innombrables réunions infructueuses sous l'égide de l'ONU, voici cinq raisons d'espérer que ces nouvelles discussions aboutissent:

1 - De nombreux observateurs estiment que la rencontre de mardi n'a été possible que parce que les Etats-Unis affichent un regain d'intérêt pour une fin de la division de l'île.

La secrétaire d'Etat adjointe Victoria Nuland a effectué le 4 février une visite sur l'île, et vendredi, le vice-président américain Joe Biden a appelé le président chypriote-grec Nicos Anastasiades, pour lui faire part du "soutien inconditionnel" de son pays en faveur d'un accord.

2 - L'intérêt américain est en partie lié à la perspective de l'exploitation des réserves de gaz naturel, dont le volume n'est pas encore connu et qui pourraient transformer Chypre en un réel acteur régional.

La Turquie a tenté d'empêcher la prospection gazière au large de l'île, et les Etats-Unis comme l'Union européenne souhaitent désamorcer une source de tension dans la région, tandis qu'Israël espère pouvoir coopérer avec Chypre pour exporter sa propre production gazière vers l'Europe.

Si les tensions s'apaisent à Chypre et que les réserves sont conséquentes, l'île pourrait aider l'Europe à limiter sa dépendance gazière vis-à-vis de la Russie.

3. Les tensions autour de Chypre représentent un obstacle à l'amélioration en cours des relations diplomatiques entre la Turquie et Israël, surtout en cas d'une coopération étroite entre l'Etat hébreu et la République de Chypre (Sud) sur le gaz.

Un accord de paix bénéficierait politiquement et financièrement aux trois pays, surtout si la confiance est suffisante pour permettre d'exporter le gaz chypriote et israélien via un gazoduc qui traverserait la Turquie.

4 - L'absence de solution politique au problème chypriote bloque les discussions d'adhésion de la Turquie à l'UE, les Chypriotes-grecs, qui ont rejoint l'union en 2004, bloquant les chapitres-clés.

Un accord de paix à Chypre rendrait la tâche plus ardue aux autres pays européens qui s'opposent à la demande d'adhésion turque.

5 - La partie chypriote-grecque de l'île est plongée dans une récession économique sans précédent et a dû recourir au printemps 2013 à un plan d'aide international pour sauver le pays d'une faillite provoquée essentiellement par l'exposition de son large secteur bancaire à la dette grecque.

L'argument peut être à double tranchant, dans la mesure où les Chypriotes-grecs, qui en veulent déjà à la communauté internationale pour les conditions drastiques du plan de sauvetage, pourraient renâcler à un accord s'ils s'y sentent poussés en raison de leur situation financière.

Mais s'ils sont convaincus qu'une île réunifiée attirerait plus d'investissements, ferait grimper les prix de l'immobilier et créerait des emplois, la perspective pourrait faire tomber bien des barrières.

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