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La presse suisse romande sonnée après le oui au référendum sur l'immigration

10/02/2014 01:23 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

La presse de Suisse romande, dans ses premiers commentaires, s'est dite "sonnée" après la "gifle" du succès du oui au référendum sur l'immigration.

En Suisse allémanique, qui a voté pour les contingents d'immigration à l'exception de plusieurs grandes villes, les commentaires des journaux sont plus partagés.

Pour Le Temps à Genève, "le retour aux contingents de travailleurs européens" constitue "un tournant historique dans la politique européenne de la Suisse et qui aura des conséquences imprévisibles".

Il note l'opposition ville-campagne dans les votes, le fossé entre Suisse romande, qui a voté non et la Suisse alémanique qui a voté oui. "Une fois de plus ce sont les régions les moins touchées par l'immigration et la libre circulation qui ont marqué le plus nettement leur volonté de les maîtriser", relève Le Temps qui regrette qu'au gouvernement personne n'ait voulu approfondir les causes de cette nouvelle coupure entre régions linguistiques et entre villes et campagnes.

Convoquées via le réseau social Facebook, deux manifestations spontanées ont eu lieu dimanche soir en Suisse pour protester contre le résultat du référendum contre l'immigration.

500 à 600 personnes ont manifesté à Berne, la capitale fédérale, pour dénoncer autour d'une banderole "leur Suisse-notre cauchemar"."Droit de séjour pour tous partout" et "Nous avons honte", ont-ils scandé.

Indignation également à Lucerne, où environ 300 personnes sont descendues dans la rue.

La Tribune de Genève parle de "gifle pour le Conseil fédéral", le gouvernement et s'inquiéte pour l'économie de la ville, qui fonctionne avec une forte présence d'étrangers, aussi bien dans la banque (35% du personnel) que dans les institutions internationales.

24 heures, le quotidien vaudois publié à Lausanne titre "Le jour où un pays prospère s'est inventé une crise majeure". "Vingt-et-un ans et deux mois après avoir refusé l'Espace économique européen (par référendum en 1992 avec un score quasi identique), le peuple suisse, à nouveau divisé comme jamais, vient de donner un coup d'arrêt à la libre circulation des personnes". Même si les conditions générales ne sont plus les mêmes le journal évoque "la décennie difficile" que la Suisse avait alors traversée avec "la stagnation économique, la hausse du chômage, la crise des finances publiques".

"La partie s'annonce rude pour un pays très intégré économiquement mais très isolé politiquement", estime le journal.

"Il est certain que le oui au texte (du parti) UDC n'est pas favorable à l'économie suisse et, partant, au bien-être de la population", note la "Neue Zürcher Zeitung", à Zurich, où le non l'a emporté.

Cet avis n'est pas partagé par la "Basler Zeitung", de Bâle (le non y a triomphé) pour laquelle "toute la Suisse" a remporté une "victoire": le journal bâlois juge pourtant ce scrutin comme étant peut-être "la plus grande défaite jamais subie pour l'économie et les syndicats".

pjt/jh

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