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La 64e Berlinale fond pour un film d'action norvégien à l'humour très noir

10/02/2014 11:56 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Un drame pour commencer, beaucoup de cadavres, et malgré tout on rit: un film d'action norvégien avec les acteurs suisse Bruno Ganz et suédois Stellan Skarsgard a fait fondre lundi la 64e Berlinale.

Nils (Skarsgard) est suédois et travaille comme conducteur d'engin de déneigement sur les routes rendues impraticables par l'hiver dans les montagnes norvégiennes.

Un jour, sa femme reçoit au téléphone une terrible nouvelle: leur fils, récemment parti étudier à Oslo, est retrouvé mort des suites d'une surdose.

Face à des policiers qui n'iront pas chercher plus loin, Nils décide de faire justice lui-même. Et le bon père de famille récemment élu "citoyen de l'année" dans son petit village devient un tueur qui n'a pas plus d'état d'âme que les trafiquants de drogue.

Le chef d'une des bandes surnommé "Le Comte" (Pal Sverre Hagen, délicieusement sadique) a un goût douteux en matière de décoration. Il est tout aussi sanguinaire qu'il est végétarien, tandis que deux de ses hommes de main sont amoureux.

En face, Bruno Ganz, méconnaissable, campe un sanguinaire patron de la mafia serbe ,"Papa", en chef respecté façon vieille école.

Interrogé par la presse sur la violence récurrente de ses films, le réalisateur Hans Petter Moland a répondu ne "pas savoir si elle le fascinait".

"Cette fois-ci, il s'agit d'un personnage qui ne veut pas être violent mais qui ne peut pas se retenir. Le film traite de la violence en nous qu'heureusement nous contenons mais qui parfois explose", a poursuivi Moland.

"Il était intéressant de voir ce que deviennent des personnes normales" dans ce genre de situation, a-t-il dit encore dit.

L'humour, généré par les erreurs successives des malfrats, est également alimenté par une série de clichés ou des points de vue absurdes sur les pays et les cultures des autres pays.

"Le comte" confond Albanais et Serbes, un autre malfrat juge que si les pays du nord ont pu se doter d'une protection sociale, les pays du sud ne pensent qu'au plaisir: "le soleil ou les aides, c'est le choix à faire". Un malfrat serbe vante à un autre les prisons norvégiennes où il s'est fait soigner toutes ses dents, où on mange très bien et où il n'y a pas de viols bref, "la civilisation".

Autre manière de faire rire le spectateur, à chaque nouveau cadavre, un faire-part apparaît en noir sur l'écran. Au dessus du nom et, selon les cas, figure une croix protestante ou orthodoxe.

"Comme des pions d'un jeu qui sont éliminés et ne peuvent plus jouer", relève Hans Petter Moland.

Stellan Skarsgard, couronné à Berlin du prix d'interprétation masculine en 1982 pour "L'assassin candide", en est à sa quatrième collaboration avec Moland. Il est aussi un des acteurs fétiches de Lars von Trier, qui a présenté dimanche la version non censurée de "Nymphomaniac, volume 1".

Quant à Bruno Ganz, qui s'est "beaucoup amusé sur le tournage", il a du apprendre une douzaine de phrases en serbe pour le rôle.

Le cinéaste chinois Lou Ye, qui a régulièrement maille à partir avec les autorités de son pays, a présenté son dernier opus "Blind Massage", adaptation du roman "Les aveugles" de Bi Feiyu.

L'histoire se déroule à Nankin au sein d'une confrérie de masseurs aveugles spécialisés dans les massages thérapeutiques. Des acteurs malvoyants ou aveugles dont un réellement masseur depuis 20 ans, ont participé au projet. "Nous n'avions pas l'impression de tourner un film mais de jouer notre propre vie", a dit une des actrices du film.

Plusieurs portraits s'assemblent pour dépeindre une petite communauté dans son quotidien difficile, avec ses joies, ses peines, ses coutumes. C'est le huitième film de Lou Ye, prix du scénario à Cannes pour "Nuit d'ivresse printanière" en 2009.

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