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JO-2014 - L'objet du jour: la combinaison du saut à skis

10/02/2014 09:25 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

La France, pays de la mode, ne pouvait pas laisser ses sauteuses et sauteurs à skis revêtir des combinaisons élaborées sans réflexion, alors qu'elles constituent un objet complexe, scientifique et taillé au centimètre près.

Depuis 2010, Frédéric Zoz est le tailleur des "sauteuses" de l'équipe de France. Par envie, passion, et volonté d'améliorer les performances.

"J'ai toujours une machine à coudre pour faire des retouches sur des combinaisons que l'on a achetées en Allemagne ou en Finlande", explique l'entraîneur.

Une combinaison de sauteur, c'est une combinaison de contraintes.

"La combinaison ne doit pas être lâche sur le corps de plus de 2 cm. 2,1 cm de flottement, et c'est la disqualification", explique-t-il.

Après chaque course, les sauteuses passent au contrôle visuel, et au moindre doute, les juges sortent le mètre pour s'assurer du respect des règles.

De fait, plus la combinaison est grande et lâche, plus elle permet de flotter dans l'air.

Le jury mesure également "le litrage de la combinaison, c'est à dire la perméabilité du tissu, le nombre de litres d'air que laisse passer la combinaison. Cette perméabilité ne doit pas être inférieure à 40 litres par cm2", développe Frédéric Zoz.

Dans le même esprit, la différence entre l'arrière et l'avant du col doit être de 5 cm maximum, et l'entrejambe ne doit pas tomber trop bas.

Avant chaque compétition, Frédéric Zoz s'assure donc que ces valeurs sont respectées.

Mais il n'y a pas que des contraintes, il y a aussi des avantages: celui par exemple de développer la créativité, car le but est aussi d'apporter le maximum de confort aux sportifs.

Travail des courbes, réajustement des coutures, stratégie de coupes... C'est un soir, en Pologne, que Frédéric Zoz a décidé de franchir le pas.

"Je me suis retrouvé dans ma chambre d'hôtel avec deux combinaisons différentes dont la structure me plaisait. Je suis descendu acheter un bout de tissu, j'ai démonté les combinaisons et je me suis mis à tracer. Et là je me suis dit: +ça ne va pas être coton+."

L'entraîneur n'oublie pas toutefois que ce qui fait le bon résultat reste "l'athlète et non le matériel".

"Pour moi, une bonne combinaison équivaut à un bon fartage en ski de fond", résume-t-il.

fbr/pga/el

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